Jugend : la revue de l'Art nouveau numérisée dans son intégralité

Antoine Oury - 08.08.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Jugend art nouveau - Jugend revue - Jugend: Münchner illustrierte Wochenschrift für Kunst und Leben


On peut juger de l'importance d'une revue aux conséquences qu'elle a sur le milieu auquel elle est consacrée. Dans le cas de la revue Jugend (Jeunesse), le débat n'a pas lieu d'être : c'est à partir du nom de la revue que se forme le Jugendstil, que l'on appelle en France l'Art nouveau. Ce mouvement artistique s'étendit rapidement dans toute l'Europe, avec des effets sur tous les arts.

 

Couverture du numéro 3 de Jugend, en 1896

(via Heidelberger historische Bestände)

 

 

Il s'agit sans doute d'une des revues les plus importantes de l'art moderne : Jugend, publication hebdomadaire sous le titre long Münchner illustrierte Wochenschrift für Kunst und Leben (hebdomadaire munichois illustré d'art et de vie quotidienne), voit le jour dans la ville allemande sous l'impulsion de Georg Hirth, journaliste et éditeur allemand, fondateur du groupe Knorr & Hirth, rassemblant édition et imprimerie.

 

Si le développement de l'Art nouveau est le premier sujet de Jugend, quelques néo-impressionnistes ont encore leur place dans les colonnes de la revue, à ses débuts. Mais le gros des troupes est formé par la « Première Sécession », celle de Munich, précisément, qui sera plus tard suivie par une deuxième, un peu plus moderne.

 

On retrouve dans cette Sécession des artistes comme Fritz von Uhde, Wilhelm Trübner, Franz von Stuck, Eugene Spiro ou Arnold Böcklin, qui s'inscrivaient contre les canons artistiques de l'époque, soutenus par l'Empire allemand. Dans ses premières années, Jugend apparaît comme révolutionnaire, avec, notamment, une couverture différente pour chaque numéro. La Seconde Sécession, celle de Vienne, s'en souviendra pour sa propre revue, Ver Sacrum.

 

Jugend a fait preuve d'une longévité exemplaire, puisque la revue fut publiée jusqu'en 1940 : elle connut cependant des hauts et des bas, au fil des bouleversements politiques. Au moment de la Première Guerre mondiale, elle était devenue très nationaliste, avant de s'ouvrir de nouveau au reste de l'Europe au milieu des années 1920. Dans ses dernières années, la revue Jugend adhère ouvertement à certaines théories artistiques nazies, mais les autorités allemandes ferment tout de même la revue en 1940. 

 

 

Avec 52 numéros par an, presque sans fautes, et plus de 40 ans d'existence, la revue est l'une des plus durables du début du XXe siècle.

 

L'intégralité des numéros de la revue a été numérisée par la Bibliothèque universitaire d'Heidelberg, à découvrir en ligne ou au format PDF.