Kendrick Lamar, le 'James Joyce du hip hop', entre à l'université

Antoine Oury - 27.08.2014

Patrimoine et éducation - A l'international - Kendrick Lamar - James Joyce hip hop - université de Géorgie


L'étude de la langue américaine, dans les universités, s'accorde avec les usages et oeuvres contemporains, afin de rester en phase avec son temps. Un cours de l'université Georgia Regents, en Géorgie, vient d'inclure à son corpus l'album Good Kid, M.A.A.D City du rappeur Kendrick Lamar, aux côtés de James Baldwin ou Gwendolyn Brooks.

 


Kendrick Lamar, Pitchfork 2012

Kendrick Lamar, au Festival Pitchfork 2012 (Gozamos, CC BY-SA 2.0)

 


L'album, sorti en 2012, est le deuxième de ce jeune rappeur de 27 ans, originaire de Compton, une banlieue houleuse de Los Angeles. Il a fait forte impression dans l'industrie musicale, avec des ventes s'élevant à plus d'un milliard d'exemplaires, mais aussi auprès des auditeurs, en réunissant les puristes et les oreilles curieuses.

 

Good Kid, M.A.A.D City se centre sur la vie de Kendrick Lamar à Compton, en décrivant les différentes influences - souvent négatives - qu'elle a pu exercer sur lui. Un thème pas si original dans le hip hop, mais une façon de l'aborder et de le traiter particulièrement remarquée. « J'ai eu l'opportunité de créer mon propre corpus », explique Adam Diehl, professeur d'anglais à l'origine de ce cours.

 

« J'ai décidé de centrer celui-ci sur Good Kid, M.A.A.D City, parce que je crois que Kendrick Lamar est le James Joyce du hip hop, lorsque l'on considère la complexité de son écriture, sa connaissance du genre, et son intérêt permanent pour la ville qui l'a vu grandir - Compton », explique Diehl. Le cours est complété par James Joyce lui-même, avec le Portrait de l'artiste en jeune homme, un recueil de poèmes de Gwendolyn Brooks et Going to Meet the Man, une nouvelle de James Baldwin.

 

Le professeur assure que le traitement de l'album hip hop sera tout aussi scrupuleux que celui des autres oeuvres étudiées, parmi lesquelles ont retrouve également le film Boyz N The Hood. « La complexité narrative, la structure, les allusions, le sujet abordé, les personnages et bien entendu le message véhiculé font de Good Kid, M.A.A.D City un sujet qui mérite l'attention du circuit universitaire. J'espère que mon cours inspirera d'autres professeurs pour l'inclusion d'oeuvres modernes dans leurs corpus », termine Adam Diehl.