L'ICR : otage politique du conflit roumain et menace d'une culture libre

Clément Solym - 06.07.2012

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Institut culturel roumain - lecture - indépendance


Le danger qui plane sur l'indépendance de L'Institut Culturel Roumain (ICR) pose une question récurrente : la Culture est-elle libre et cosmopolite ou a-t-elle vocation de mettre en exergue une identité nationale ?


Entrer, sans frapper...



Les artistes internationaux s'orientent évidemment vers une Culture libre, organisant à ce jour une mobilisation mondiale en vue de sauvegarder la Culture roumaine menacée. Que se passe-t-il ? « La classe politique veut encadrer la culture », a indiqué l'écrivaine suédoise Cecilia Hansson à l'AFP. Ainsi, la peur gagne et la rage monte. On se souvient de ce qui se passe en Hongrie, où les ultra-conservateurs de droite au pouvoir n'ont pas hésité à mettre une nouvelle législation en vigueur relative aux médias, attaquant la liberté d'expression (Amesty International, PDF). Désormais, toute la culture hongroise est touchée : le gouvernement veut du « typiquement hongrois » au profit d'une culture ultranationale.


Cette conscience et cette fierté nationale qui passe par le biais de l'art, le gouvernement roumain souhaite vouloir l'adopter. Une ordonnance d'urgence décidée sans débat au Parlement a été prise mercredi par le gouvernement Ponta et fait passer l'ICR sous l'autorité du Sénat et non plus sous celle du président, étant accusé d'être alors « politisé ». La conséquence serait à court terme le changement de toute l'équipe de direction. Autant dire que le centre culturel se politise pour de bon.


Ces nouvelles directives que le gouvernement souhaite imposer à un Institut jusqu'alors indépendant et qui a toujours su se démarquer de tout lien avec la politique soulève une mobilisation générale. Certains artistes roumains ont demandé symboliquement l'asile culturel lundi dernier face à l'ambassade du Canada.


Aujourd'hui, le rayonnement culturel de l'ICR est nettement reconnu : « Le monde de l'art à New York est fasciné par le fait que l'ICR qui représente un pays bien moins peuplé que l'Allemagne, la Grande-Bretagne ou la France peut être aussi efficace », a souligné Laurence Kardish, coordinateur de la programmation cinématographique au musée d'Art moderne (MoMa) de New York d'après l'AFP.

Plusieurs acteurs du monde culturel soutiennent la mobilisation des artistes et intellectuels roumains.


Cecilia Hansson s'est impliquée avec 200 autres scandinaves dans une lettre destinée au premier ministre social-démocrate afin de lui demander de renoncer à une décision controversée. Tomas Tranströmer, poète suédois, et la romancière allemande Herta Mueller, deux prix Nobel de Littérature, ont suivi le mouvement. Le cinéaste Cristian Mungiu, palme d'Or à Cannes en 2007, a dénoncé une "épuration". L'AFP rapporte aussi que l'éditeur français Paul Otchakovsky-Laurens (Editions P.O.L), l'écrivain Jean Mattern, le Réseau international pour les arts de la scène contemporains, la Fondation culturelle européenne, des professeurs, des programmateurs et curateurs des plus grandes universités, festivals et musées du monde se sont également joints à la protestation.


L'espoir réside encore dans la décision de la Cour constitutionnelle de Roumanie sur la légalité de cette ordonnance d'urgence, alors que le Parlement lance actuellement les débats sur la destitution du Président, de centre droit, Traian Basescu. L'ICR est devenu l'otage politique qui oppose le premier ministre Victor Ponta et le Président Traian Basescu : Ponta a martelé qu'il ne laissera « en aucun cas » l'Institut sous l'autorité - même symbolique et décidée à l'époque par son propre parti - de la présidence de Roumanie, affirme l'AFP.


Lors de l'émission « 24 într-o ora », Horia Roman Patapievici a annoncé qu'il démissionnerait de l'Institut culturel roumain si cette institution était placée sous la tutelle du Sénat. « L'ICR risquerait de perdre les liens avec les grandes organisations et institutions partenaires de l'étranger si l'arrêté gouvernemental était mis en application », a mentionné Patapievici. Il a affirmé aussi que le MAE roumain n'avait pas prévenu l'ICR de ce changement, qu'il qualifie de « coup par-derrière ». « Un changement radical s'est produit en Roumanie et c'est un changement de pouvoir avec d'autres intentions que celles d'avant. Le gouvernement a une stratégie tenace de réunir sous la même commande toutes les entités autonomes. » (AmbaFrance)


Les membres de l'Institut Culturel roumain, siégeant à Paris, étant « en congé », ActuaLitté n'a pu établir de communication avec eux.





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