L'Apocalypse de Dublin : un splendide manuscrit de la Fin des Temps

Nicolas Gary - 02.02.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Apocalypse Dublin manuscrit - fin monde apocalypse - numérisation manuscrit enluminures


La fin des temps est proche, depuis bien longtemps. Et les textes pour l’annoncer ne manquent pas. Le Trinity College de Dublin vient de mettre en ligne un splendide manuscrit latin du XIVe siècle. Une numérisation supervisée par Laure Cleaver, pour qui le sujet est « toujours populaire ». 


 

Connu sous le nom de Dublin Apocalypse, le manuscrit est une véritable merveille : contrairement à la plupart des œuvres d’Apocalypse, qui contiennent des illustrations d’une demi-page, celui-ci a été illustré en pleine page. Elles sont manifestement inspirées par le travail réalisé dans l’atelier du psautier d’Ormesby — qui officia entre 1300 et 1339.

L’identité de l’auteur restera un mystère, poursuit Laure Cleaver, mais on retrouve à l’université d’Oxford des manuscrits aux illustrations similaires. 

Entièrement disponible en ligne, l’ouvrage représente des scènes tirées du Livre de l’Apocalypse : des images aux couleurs vives, représentant des scènes où les Cavaliers de l’Apocalypse sont mis en scène, des batailles avec des bêtes monstrueuses ou encore une vision de la Jérusalem céleste. 
 
Or, indique la scientifique, L’Apocalypse de Dublin diffère des textes contemporains dans ses représentations. D’abord pour la taille des enluminures, mais également pour son texte, bien plus petit que d’ordinaire. 
 

La pédagogie par les images, frapper l'esprit et rassurer


« Le manuscrit est remarquable pour ses illustrations. Exceptionnellement, les images dominent le texte latin sur chaque page. Outre cette beauté stupéfiante, le manuscrit donne un aperçu de la longue tradition de manuscrits d’apocalypse et de la manière dont nos ancêtres ont envisagé la fin des temps », analyse Laure Cleaver.

Fabriqué en Est-Anglie, il faut offert au Trinity College par son doyen, le Dr Franc Sadleir. Helen Shenton, bibliothécaire et archiviste du Collège assure : « L’Apocalypse de Dublin est l’un des trésors artistiques cachés de notre bibliothèque. » Le rendre intégralement disponible sur internet s’inscrit dans un projet plus vaste de valorisation du patrimoine et des collections de manuscrits médiévaux détenues. 

<

>


 
À ce titre, une journée de symposium se tenait ce 1er février au Trinity Long Room Hub, réunissant des experts internationaux, venus débattre des multiples aspects du manuscrit — et du contexte de sa conception. ? 
 
Les ouvrages de ce type étaient prisés par la royauté et l’élite aisée : ils étaient composés pour aider les fidèles à comprendre l’un des textes de la chrétienté les plus difficiles et éprouvants. D’ailleurs, bien que des efforts d’alphabétisation aient été réalisés, les dessins servaient avant tout d’outils pédagogiques. 

Il fut créé alors que la peste noire ravageait l’Europe, et l’on s’attendait alors bel et bien à ce que la Fin du Monde arrive – et avec elle, le retour du Christ. Écrit en latin, il se destinait donc principalement à des personnes érudites, instruites, et donc au clergé. 

Les 118 pages numérisées sont à découvrir ici.


Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.