L'auteur de L'Exorciste n'aime pas ce qu'est devenu Georgetown

Clément Solym - 12.06.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Georgetown - L'Exorciste - William Peter Blatty


Voilà qui n'est pas banal. C'est un ancien élève de l'université de Georgetown qui n'est pas satisfait de l'état actuel de son ancien établissement. Et cet ancien élève n'est pas tout à fait n'importe qui, puisqu'il s'agit de William Peter Blatty, l'auteur du livre L'Exorciste

 

 

20000305 14 Georgetown University, Washington, DC

David Wilson, CC BY 2.0

 

 

 

Il faut croire que dans les années 1950, au moment de sa scolarité, l'université de Georgetown n'était pas la même qu'aujourd'hui, et qu'elle était plus fidèle à son appellation d'établissement catholique. L'université est en effet la plus vieille institution d'enseignement supérieur jésuite et catholique du pays de l'Oncle Sam. Mais selon Blatty, qui vient de lancer une pétition à ce sujet, c'est un titre qu'elle ne mérite plus. 

 

L'université ne serait pas en accord avec les principes avec la constitution apostolique de Jean-Paul II, Ex Corde Ecclesiae. Il n'est visiblement pas le seul à le penser. Il a présenté une pétition de concert avec l'archevêque de Washington DC, Donald Wuerl. Par ailleurs, il n'exclut pas de mener une action en justice. 

 

Que reproche-t-il donc à l'université ? Outre des griefs assez généraux, on retiendra quelques événements anecdotiques qui ne lui ont pas plu. À savoir : la représentation de la pièce les Monologues du vagin, chose scandaleuse selon lui, de même que la venue sur le campus d'un homme politique ouvertement homosexuel. Enfin, il juge inadmissible l'existence de cours d'éducation sexuelle ! 

 

Ce n'est pas tout : le texte accusant l'université d'un défaut de catholicité fait 198 pages, avec des annexes et des témoignages. Cet homme ne prend pas son combat contre le diable à la légère. 

 

Conclusion selon lui : « Les scandales offerts par Georgetown sont trop nombreux à dénombrer, et trop nombreux pour qu'on les ignore plus longtemps ». Du coup, il espère que l'université va changer de cap, ou bien que l'Église va lui retirer son affiliation jésuite. 

 

L'université n'a que moyennement apprécié. Sa directrice de la communication, Rachel Pugh, a fait savoir que l'engagement catholique de l'institution était intact. On doute que ces propos ne vont pas le rassurer.