L'écart d'alphabétisation se creuse pendant les vacances d'été

Clément Solym - 27.07.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Alphabétisation - Scott Davie - Université McMaster


Une récente étude du professeur de sociologie Scott Davie, de l'Université McMaster et financée par le Secrétariat national de l'alphabétisation vient de montrer comment un retard des compétences en lecture, se créé pendant les vacances d'été, chez les enfants défavorisés.

 

 

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surlygirl via Flickr 

 

Ainsi pour des enfants qui ont des parents n'ayant pas le baccalauréat en poche, ça devient difficile, tandis que les enfants de parents qui en sont détenteurs, voient leurs compétences de lecteurs s'affiner en un mois durant l'été. 

 

D'aucuns diront, il n'est pas question d'argent. Le niveau de langue et de culture augmente pourtant sur une courte période, car d'après l'étude, les enfants de parents médecins et avocats auraient deux mois d'avance sur leurs camarades en lecture, à la rentrée de septembre, comme le rapporte The Star.

 

Un écart de lecture dans le grade 1, s'il se confirme par la suite, peut creuser une année entière de retard en troisième année. Il ne s'agit plus des petites lacunes, mais d'un seul et même gouffre, d'autant plus grave que l'avenir des enfants en dépend, déterminé dès le plus jeune âge, même si l'on préférait croire que le bon sens n'a pas de prix.

 

D'après The Spec qui commente l'étude, il s'agit moins d'une question de salaire que de curiosité, même si voyager, faire des expériences et rencontrer des gens intéressants est favorisé par des revenus élevés. Les parents de classe pauvre, s'abrutissant au travail, peuvent manquer d'énergies positives. Par ailleurs, les parents immigrés ne peuvent aider leurs enfants dans la langue officielle, lorsqu'ils rencontrent des difficultés. Certains enfants se chargent même des papiers administratifs pour leurs parents. Tous ces facteurs généreraient donc résignation et échec.

 

« Notre étude devrait mettre chacun en face de la réalité et sensibiliser les Canadiens à la nécessité urgente de mettre en œuvre un apprentissage d'été populaire. Quant à nous nous devons poursuivre les recherches pour être certains que l'écart se creuse presque toujours durant les vacances d'été, pour réagir en conséquence. »

 

Les auteurs de l'étude jugent donc nécessaire de revaloriser l'exercice de lecture, quand les générations passées se sont habituées à la télévision, un exercice passif. Il faut d'après ces derniers élargir l'accès à la culture au Canada.

 

En effet, l'étude montre également les progrès effectués par les enfants deux semaines intensives de camps d'alphabétisation d'été. Et ce n'est pas pour rien que certains centres proposent des renforcements payants. Un travail de fond reste à faire auprès des parents pour les guider tout droit vers la bibliothèque : bientôt ce seront les enfants qui prendront leurs parents par la main.