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L’épopée d’un étudiant à vélo sur les traces des écrivains

Elodie Pinguet - 22.03.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Bicyclettres - voyage vélo écrivains - Un vélo pour des mots


À 19 ans, Jean-Acier Daynes est étudiant en Khâgne Lettres Modernes à Lyon. Passionné de littérature et de vélo, il s’est lancé, à l’été 2015, dans un tour de France de plus de 2000 kilomètres dans les pas de nos plus grands auteurs. Un projet à « bicyclettres » baptisé Un vélo pour des mots.

 

Via sa page Facebook

 

 

On dit que les voyages forment la jeunesse. Pour Jean-Acier, le rêve n’était pas de partir en sac à dos découvrir les pays du monde. Grand amateur de littérature, il a choisi de partir sur les traces de Rousseau, Victor Hugo, Balzac, etc. avec son vélo.

 

Il relate ses aventures sur son blog, avec une plume résonnant comme une véritable invitation au voyage. Son premier périple de 2015 l’a mené à Annecy, avec Rousseau, à Paris, en 250 kilomètres par jour, ou encore à Grenoble chez Stendhal et à Avignon et Nîmes chez Alphonse Daudet, Louis Aragon ou encore Jean Vilar.

 

Au loin devant nous, le soleil naissant étendait ses bras rayonnants, rendant un hommage à sa manière au petit pèlerinage littéraire. C’est en regardant la campagne vidée et ses paysages parfaits de grandeur que nous nous reconnections avec le monde, quittant le jeu latéral de nos vies et de nos conditions, retrouvant à pleins poumons la vie libre et ses forces.

 

Il raconte tout, ses compagnons de route, ses difficultés, comme sa rencontre avec un loup dans le Morvan, les petits bonheurs quotidiens. Sous la pluie ou en plein soleil, rien n’arrête ce passionné, qui pédale aussi bien de jour comme de nuit, avalant environ 200 kilomètres de route par jour. Peu de sommeil, et ses rares pauses se comptent en quart d’heure.

 

 

 

 

Sa plume est aiguisée, telle celle d’un de ces écrivains qui l’inspirent : « Au sommet du Mont Noir et dans le frémissement du vent, car bien qu’il n’y ait pas de montagnes en Flandres, il y a ce vent : pente invisible, mais usante, je parvenais à l’emplacement exact du château de son enfance, le château où Marguerite a grandi. »

 

Ses exploits lui ont valu un brassard pour participer à l’une des courses les plus dures de France en juin 2016, la Chilkoot Born to Ride. Il avait quatre jours pour rallier le Morvan à Barcelone, soit 958 km : « À peine quatre jours dans lesquels j’ai perdu tout repère temporel, toute notion de l’espace. Ces quatre jours ont été énormes et inoubliables. Ils ont duré deux semaines dans ma tête, et comme des mignardises d’enfant dont on se souvient quelques années après, ils marquent avec délice. » Son vélo, c’est un peu comme sa madeleine de Proust.

 

Sa prochaine étape ? Il a décidé au mois d’avril de partir en Italie et de retracer, en moins de six jours, le parcours de Jean Giono dans Voyage en Italie.