L'État d'Israël oublié dans un manuel scolaire destiné aux élèves du Golfe

Clément Solym - 02.01.2015

Patrimoine et éducation - A l'international - manuel scolaire - Etat Israël - géographie territoire


Cela arrive de temps à autre : une négligence, une mauvaise relecture, une boulette, en somme. Dans un manuel scolaire, on fait disparaître un roi, une date historique, ou, plus amusant, on modifie une formule mathématique. Problème : quand on touche à la géographie, et au Moyen-Orient, tout prend des proportions dingues. Alors, faire disparaître Israël...

 

 

 

 

L'Atlas du Moyen-Orient publié par les éditions HarperCollins a provoqué un tollé : vendu dans les écoles anglophones du Golfe, à majorité musulmane, le titre a bénéficié d'une publicité dont il se serait volontiers passé. Collins Bartholomew, la filiale de la maison qui publie localement le manuel scolaire, a assuré qu'il serait « inacceptable » pour ses clients du Golfe, qu'y figurent des « préférences locales ». Mais qu'est-ce à dire ?

 

Tout simplement qu'Israël a disparu des cartes. Exactement comme c'était arrivé pour les éditions Garnet Education en janvier 2013. Ce dernier avait pourtant poussé le vice en écrivant, à l'endroit où se trouve l'État, « Palestine occupée », plutôt qu'Israël. Il s'agissait d'un éditeur détenu par le groupe Tahseen Khayat, situé au Liban. Heureusement, l'erreur n'est reproduite dans aucun autre ouvrage, ce qui laisse comprendre qu'il ne s'agit là que d'une bévue très isolée, et non d'une volonté de la société. 

 

Pour HarperCollins, débuter 2015, ou achever 2014 avec une pareille boulette sur les bras, ce n'est pas sans peine. Il a fallu que, depuis Facebook, l'éditeur intervienne pour présenter ses excuses, assurant être désolé pour cette erreur, et promettant que le Collins Middle East Atlas avait été retiré de la vente, « dans tous les territoires, et tous les stocks restants seront détruits ». Et d'ajouter : « HarperCollins s'excuse sincèrement pour cette omission et les offenses qu'elle a pu causer. »

 

 

 

 

L'an passé, l'éditeur Scholastic avait été également pointé du doigt pour avoir, dans un autre ouvrage scolaire, omis de faire apparaître Israël : à la place, la Jordanie couvrait totalement le territoire. Une simple erreur, avait noté la maison, qui assurait qu'une mise à jour de ses documents serait opérée pour le livre Thea Stilton and the Blue Scarab Hunt.

 

Pour monseigneur Declan Lang, président de la Bishops' Conference Department of International Affairs, « la publication de cet Atlas confirmera la certitude qu'entretient Israël d'une hostilité à son égard, au sein du monde arabe. Cela n'aidera pas à construire un esprit de confiance, conduisant à une coexistence pacifique ». Et l'on comprend bien tout le pouvoir qu'un manuel scolaire peut exercer, sur les jeunes esprits autant que sur les adultes, confortant chez les uns une idée d'intrusion sur le territoire, tout en instillant chez les autres l'idée d'une inexistence, sorte de quantité négligeable. (via The Tablet)