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Emmanuel Macron et Édouard Philippe se sont fait une réputation de fins lettrés, et le décret n° 2017-1208 du 1er août 2017, qui vient modifier les statuts et missions de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, y participe encore. Cette institution, fondée par Colbert en 1663, se consacre à l'histoire et à l'étude de monuments et document de l'Antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance, mais mène aussi des études orientalistes, archéologiques et linguistiques.


Institut de France
L'Institut de France, qui abrite l'Académie des inscriptions et belles-lettres
(Edgardo W. Olivera, CC BY 2.0)

 

Le dernier décret sur les statuts de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, abritée par l'Institut de France, remontait au 11 janvier 1999. Ce texte publié dans le Journal officiel inscrit de nouveau dans la loi les principaux statuts de l'Académie, précise son fonctionnement, mais institue surtout un contrôle plus strict sur une institution dont la gestion financière a été très critiquée.

 

La mission de l'Académie n'est pas foncièrement modifiée, mais simplement précisée et étendue à la Renaissance, une période auparavant absente des objets d'étude de l'Académie. « L'Académie des inscriptions et belles-lettres favorise les progrès et la diffusion des connaissances dans les domaines suivants : histoire et étude des monuments et documents de l'Antiquité, du Moyen Âge, de la Renaissance et de l'Âge classique ; Orientalisme ; sciences humaines appliquées aux langues et civilisations », indique le décret du 1er août.

 

L'Académie garde une mission de suivi et d'évaluation de la recherche, notamment dans les établissements étrangers, mais aussi de promotion, à travers la publication de travaux et de collections.

 

La composition de l'Académie n'est pas modifiée : on compte toujours cinquante-cinq académiciens de nationalité française et de quarante associés étrangers, avec cinquante correspondants de nationalité française et cinquante correspondants étrangers pour leur prêter main-forte.
 

Biblissima, un portail pour le patrimoine écrit du Moyen Âge et de la Renaissance


L'Académie est dirigée par un bureau, composé d'un président, d'un vice-président et d'un secrétaire perpétuel, lequel « prépare l'ordre du jour des séances et des commissions ». Président et vice-président sont élus au scrutin secret et à la majorité absolue des suffrages exprimés par les académiciens présents, au cours de la dernière séance de l'année. Si président et vice-président sont élus pour un an, le secrétaire perpétuel, lui, l'est pour 6 ans, ce qui n'était pas précisé dans le décret de 1999 : quelques-unes de ses missions sont évoquées, comme le suivi des recettes et des dépenses et la signature des contrats et notamment des marchés de l'Académie.

 

Pour être académicien, il faut toujours « être français et s'être distingué par des travaux dans les domaines d'études de l'Académie ». Les associés étrangers et les correspondants français et étrangers sont choisis par les académiciens eux-mêmes, selon des modalités qui ne diffèrent pas de l'élection de ces derniers.

 

Les séances de l'Académie sont organisées chaque semaine, et sont publiques, à moins de l'organisation d'un comité secret : dans ce cas, « seuls les académiciens et les associés étrangers peuvent assister à la séance ». 

 

Les académiciens, les associés étrangers et les correspondants participent évidemment aux travaux de l'Académie, mais les membres des quatre autres Académies de l'Institut de France peuvent eux aussi présenter des communications lors des séances ordinaires. Pour les personnes étrangères aux Académies de l'Institut de France, il faudra montrer patte blanche avec le patronage d'un Académicien.

 

Nouvelle disposition (article 27), « À la demande de dix académiciens, une question déposée auprès du Bureau sera inscrite à l'ordre du jour d'un comité secret convoqué sous huitaine ». La séance solennelle, au cours du dernier trimestre de l'année civile, permettra comme auparavant de rendre compte de la vie de l'Académie et de proclamer les noms des lauréats de l'Académie et des nouveaux archivistes paléographes.

 

Grande nouveauté de ce décret, le rendu par le secrétaire perpétuel d'un « rapport sur la situation financière ainsi que le budget primitif pour l'année qui vient, arrêté par la commission administrative », indique le texte. Le rapport de la Cour des comptes, rendu en 2015, sur l'état financier des 5 Académies et de l'Institut de France n'est sûrement pas étranger à ce nouvel article... La Cour des comptes avait notamment critiqué le versement injustifié de primes et d'indemnités, ou encore la gestion erratique du patrimoine immobilier des Académies.

 

Cela dit, les académiciens auront toujours droit à une indemnité pour leur suivi des travaux et séances de l'Académie, dont le montant n'est pas précisé : « Il est distrait une somme pour former le fonds du droit de présence accordé à chacun des académiciens qui assistent aux séances ordinaires et solennelles de l'Académie », indique seulement le décret. Et, comme les absents ont toujours tort, leur indemnité ira augmenter celle des présents...

Un moyen de lutter contre l'absentéisme ?