L'État interdit la vente de manuscrits du Mont-Saint-Michel

Fasseur Barbara - 16.04.2018

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Alençon Vente Manuscrit - Interdiction Vente Manuscrits - Etat Interdiction Enchère


Le 5 mai à l’hôtel des ventes d’Alençon devait avoir lieu une enchère exceptionnelle. Confié au commissaire priseur Patrice Biget par un particulier, un ensemble de quatre manuscrits datant du XIIe et XIIIe siècles provenant de l’abbaye du Mont Saint-Michel devait être proposé à la vente. Seulement, l’État a revendiqué le recueil comme étant le sien, interdisant purement et simplement la vente.

 


Les documents devaient être le lot phare de la vente d’art sacré du culte catholique du 5 mai 2018 à Alençon. L’expertise et la transcription avaient révélé la nature et le contenu de la quarantaine de pages. On découvre ainsi deux traités – géographie et musique – ainsi que deux poèmes satirico-religieux. Les manuscrits sont écrits en latin et à plusieurs main sur du vélin.

Le traité de géographie évoque les provinces occupées par Rome à l’époque. Le traité de musique est le document le plus long. On y voit des schémas techniques, des partitions de chant dans l’ancienne codification musicale. Les deux poèmes sont l’Architrenius de Jean de Hanville qui pourrait se traduire par « grand lamentateur » et l’Anticlaudianus.



Il était annoncé au prix de 50.000 €. Mais ce 15 avril, France Info a annoncé que le ministère de la Culture avait finalement fait interdire la vente, s’appuyant sur la loi de 1789 pour saisir l’ouvrage. Une décision qui surprend dans le monde de l'art.

Le ministère revendique le document comme propriété de l’État, alors même qu'il n'est pas aisé de trouver trace du document à travers les siècles. Après une première apparition au XVIIe siècle lors d’un inventaire réalisé par Dom Anselme Le Michel, il disparaît au siècle suivant en 1795. La présence des manuscrits au Mont-Saint-Michel pendant la révolution fait débat et le document ne porte aucune trace de recensement ou de marque d’inventaire.

Ainsi, il est impossible, selon certains experts, d’affirmer que ce dernier fasse réellement partie du domaine public de l’État. Le site actu.fr rapporte les précisions de Patrice Biget, commissaire priseur qui devait être au marteau de la vente. Il compte faire appel de cette décision d’interdire la vente.
 
« Nous avons une absence totale de mentions, de côte, de chiffres, d’indications manuscrites ou imprimées ou de tampon datant de l’époque révolutionnaire. À noter aussi l’absence de grattage, de caviardage ou de découpis… ce qui amène par conséquent une forte probabilité d’absence de ce recueil de manuscrits entre les mains de ce commissaire qui semble se référer à l’inventaire de 1739 sans s’assurer de sa présence réelle dans la bibliothèque. Cela paraît incroyable que l’on recense des biens saisis sans les marquer d’un symbole attestant du changement de propriétaire, en l’occurrence l’État ! »
 

Une BD murale du XIIe siècle dans la baie du Mont Saint-Michel



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