L'Ethnologue 2013 recense 7.105 langues vivantes

Marie Lebert - 30.10.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - langues vivantes - recensement - ethnologue


Pour la première fois, ce catalogue encyclopédique de langues vivantes publie sa nouvelle édition en ligne avant son édition imprimée (non encore disponible). L'équipe de l'Ethnologue annonce aussi une actualisation annuelle et non plus tous les quatre ans, pour être en phase avec le monde rapide dans lequel nous vivons.

 

 

 

 

De l'imprimé au web

 

Mis en ligne sur un site complètement relooké www.ethnologue.com, l'Ethnologue 2013 - qui en est à sa 17e édition - recense 7.105 langues considérées comme vivantes à ce jour, avec de nombreuses statistiques et 200 cartes en couleur.

 

Le projet ne date pas d'hier. Il débute dès 1951 pour offrir un catalogue de langues minoritaires. Vingt ans plus tard, en 1971 donc, l'Ethnologue s'élargit à toutes les langues et informatise sa base de données. Puis une version en ligne gratuite est lancée en 1996 pour utiliser le formidable outil de diffusion qu'est le web. D'abord considérée comme un complément de la version imprimée payante, cette version web supplante peu à peu la version imprimée en termes d'impact et de diffusion. Il faut toutefois attendre 2013 pour que la nouvelle édition soit d'abord publiée en ligne avant d'être disponible sous forme imprimée.

 

Devenu une véritable institution au fil des ans et considéré comme le meilleur catalogue de langues vivantes au monde, l'Ethnologue est géré par SIL International (SIL signifiant Summer Institute of Linguistics). Une équipe de chercheurs basée à Dallas (Texas) rassemble et organise la masse d'informations glanées et vérifiées une à une sur le terrain par des centaines de linguistes regroupés en équipes nationales et/ou linguistiques présentes sur tous les continents.

 

Qu'est-ce qu'une langue ?

 

Mais qu'est-ce exactement qu'une langue?  Comme expliqué sur le site de l'Ethnologue, « la manière dont chacun choisit de définir une langue dépend des motifs qu'on a d'identifier cette langue comme étant distincte d'une autre. Certains basent leur définition sur des raisons purement linguistiques, en mettant l'accent sur les différences lexicales et grammaticales. D'autres donnent la priorité à des facteurs sociaux, culturels ou politiques. En outre, les locuteurs d'une langue eux-mêmes ont souvent leurs propres critères sur l'appropriation d'une langue comme étant la leur. Ces critères sont souvent bien davantage liés à des questions de patrimoine et d'identité qu'aux traits linguistiques de la langue en question. »

 

Sans grande surprise, la langue anglaise est la langue la plus présente à l'échelle mondiale. On la trouve répertoriée dans 125 pays, soit comme langue officielle soit comme langue parlée par un groupe significatif d'immigrants.

 

Les familles linguistiques sont au nombre de 136, la plus importante étant l'indo-européen, qui regroupe 3 milliards de locuteurs.

 

Quant au pays remportant la palme du nombre de langues vivantes, il s'agit de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, avec 836 langues. Viennent ensuite l'Indonésie avec 706 langues et le Nigéria avec 522 langues.

 

Les langues menacées

 

Sur les 7.105 langues recensées dans l'Ethnologue 2013, on trouve un nombre significatif de langues menacées. 1.535 langues ont moins de mille locuteurs, 478 langues ont moins de cent locuteurs et 135 langues ont moins de dix locuteurs.

 

188 langues sont considérées comme dormantes et non plus comme éteintes, grâce à nombre d'activistes œuvrant à leur préservation, notamment en créant des supports écrits et en les diffusant sur le web. Ceci explique pourquoi le nombre de langues vivantes de l'édition 2013 (7.105 langues) est supérieur à celui de l'édition 2009 (6.909 langues).

 

De 60 nationalités différentes, les 5.000 collaborateurs de SIL International ne se contentent pas de participer à ce gigantesque travail de catalogage, de classification et de codification. Ils sont également à la disposition des populations des langues minoritaires et menacées dans des domaines aussi divers que l'éducation, l'enseignement, la création de matériel pédagogique ou encore la traduction de documents pratiques dans les domaines de la santé, de l'hygiène et de la nutrition.

 

Tout aussi important peut-être, ils œuvrent pour que ces populations retrouvent une identité culturelle vis-à-vis des grandes langues et cultures dominantes, et pour que leurs locuteurs retrouvent la fierté de parler leur propre langue maternelle et de la transmettre à leurs enfants. Encore plus important peut-être, avec l'identité culturelle et la fierté, ces locuteurs retrouvent aussi l'estime de soi.