Le projet européen CENDARI (Collaborative EuropeaN Digital/ARchival Infrastructure), qui vise à numériser les archives européennes et à les rendre accessibles via une plateforme « transnationale qui s'affranchit des silos nationaux et institutionnels », vient de recevoir un financement de 6,5 millions € de la part de la 7e commission européenne des programmes-cadres. Les numérisations vont se focaliser, dans un premier temps, sur les ressources médiévales et relatives à la Première Guerre mondiale, dont le centenaire approche à grands pas.

 

La volonté du CENDARI ne se limite pas à la seule conservation des archives : grâce à la plateforme en ligne, les chercheurs de toute l'Europe pourront s'unir grâce à des espaces collaboratifs ou des fonctions de partage, tandis que le champ de recherche de la base de données accueillera une large variété de dialectes. « Les projets comme le CENDARI permettent non seulement de repousser les barrières grâce aux plateformes en ligne, mais également d'élargir la portée des communautés numériques » s'est félicité le Dr Jennifer Edmond, chargée du projet au sein du Trinity College de Dublin (TCD).

 

Trinity College, Dublin - Façade

Le Trinity College de Dublin (auteur : AndrewHavis)

 

L'université irlandaise, qui recevra aujourd'hui la visite de Aung San Suu Kyi, est à la tête de la première phase du projet, planifié sur quatre ans, et qui associe une douzaine d'établissements européens, d'Italie, de République tchèque ou encore du Royaume-Uni. En France, c'est l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique (Inria) qui prêtera main-forte au projet de numérisation.

 

Les scanners vont ainsi voir défiler des tracts de propagande de la Grande Guerre, qui laisseront la place à des enluminures de moines copistes : un grand écart assumé par les porteurs du projet CENDARI. Si la numérisation des archives de la Première Guerre mondiale permettra de faciliter l'accès à des documents qui « intéressent de plus en plus les chercheurs, mais aussi le grand public, dans toute l'Europe », transformer les fragiles manuscrits médiévaux en pixels devrait lancer de nouvelles approches historiques, notamment grâce à un Atlas de la Culture médiévale.