L'évaluation des élèves : le gros dossier porté par Benoît Hamon

Victor De Sepausy - 25.06.2014

Patrimoine et éducation - notation - lancement - conférence


Le ministre de l'Education nationale vient d'ouvrir, mardi, la conférence nationale sur l'évaluation des élèves. Depuis son arrivée au ministère, Benoît Hamon semble avoir indiqué clairement que ce serait là le gros dossier qu'il tenterait de porter jusqu'au bout.

 

Le débat autour de l'évaluation des élèves, entre notes et compétences notamment, ne date pas d'hier. Il cristallise l'opposition entre les réformateurs qui veulent en finir avec la note sanction et les conservateurs qui souhaitent conserver un outil propre à évaluer la progression de chaque élève.

 

Avec la baisse du niveau scolaire, il est tentant d'attaquer la notation en partant du principe qu'il s'agit finalement du moyen le plus sûr de ne plus avoir de comptes à rendre sur la situation.

 

Une façon de casser le thermomètre en espérant que la malade guérira ainsi plus vite. « Vouloir supprimer les notes parce que les élèves en ont de mauvaises ne changera rien au fond du problème », affirme ainsi Jean-Rémi Girard, secrétaire national à la pédagogie du Syndicat national des lycées et collèges (SNALC) au micro de nos confrères du Figaro.

 

Du côté des réformateurs, on pense plutôt que la notation a un effet dévastateur sur les élèves en difficulté qui perdent toute motivation et confiance en eux. Il est vrai que recevoir constamment des copies notées bien au-dessous de la moyenne n'aide pas. Mais la racine du problème, c'est la situation dans laquelle se retrouve une partie de ces élèves en arrivant en sixième.

 

 

La politique actuelle vise à gérer l'hétérogénéité au sein de la classe et ce tout au long du collège, en s'appuyant sur ce que font les enseignants au primaire. Il faut garder ensemble et faire avancer tous les élèves jusqu'à la troisième. Résultat, ceux qui ont perdu pied dès la sixième ont de fortes chances de s'ennuyer ferme et donc de générer des troubles au sein de la classe.

 

Dans la réalité, ceux qui arrivent avec de grosses difficultés en sixième vivent un minimum de quatre ans d'échec scolaire, ce qui détruit leur confiance en eux en les mettant dans un état de souffrance difficilement supportable. Et, on attend la fin de la troisième pour leur proposer une solution. Plus que de s'attaquer à la notation, il faudrait traiter ce problème à bras le corps. Changer le mode d'évaluation ne règlera aucunement cette situation.

 

Avec la disparition progressive des redoublements portée par Vincent Peillon et déjà effective (recul de 10 points entre 2009 et 2013, voir Le Figaro), le ministère fait de sérieuses économies. Cet argent devrait permettre la prise en charge, avec des groupes d'un maximum de dix élèves, des enfants les plus en difficulté. Le but serait de leur assurer un soutien véritablement personnalisé afin, ensuite, de les réintégrer avec succès dans les classes. Ce serait s'inspirer utilement de ce qui se fait efficacement dans les pays nordiques.

 

Mettre des enseignants très bien payés (à l'aide de primes spéciales) à cet autre bout de la chaîne, qui ferait pendant à l'efficacité des prépas, serait aussi une des clés de la réussite d'un tel système. Cela assurerait un recrutement de volontaires très investis dans leur mission. Mais on serait là dans les actes, non dans la communication. Hélas, depuis des décennies, rien ne change dans l'Education nationale, à part toujours quelques menus travaux de façade.




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