L'expressio de la semaine : Faire main basse sur...

Expressio - 03.05.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - expression française - histoire - explication


Chaque semaine, le site Expressio propose de faire découvrir sur ActuaLitté une expression de la langue française, pour explorer les petites perles de notre langage, et en comprendre les évolutions. Alors que tout le monde tente de s'approprier ce qu'il peut, exil fiscal, domaine public, oeuvres indisponibles, pourquoi ne pas réfléchir à ce petit problème du sens de la propriété. Aussi, examinons comment Faire main basse sur...

 

 

Signification

S'emparer de...
Prendre, voler...

Origine
Lorsqu'un gamin, perché sur un escabeau, s'empare du pot de confiture à la fraise amoureusement préparée par sa grand-mère et volontairement caché sur une étagère en hauteur supposée inaccessible, le geste n'est pas tout-à-fait celui d'abaisser la main, au contraire.
Et pourtant, ayant été dénoncé par sa chipie de petite soeur et avant qu'il prenne deux baffes, ses parents diront bien que l'enfant a fait main basse sur les restes de la réserve de confitures.

Lorsque l'expression apparaît, au début du XVIIe siècle, c'est dans un contexte de guerre, et elle veut d'abord dire "tuer sans pitié".

 

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Il faut voir là le geste du soldat qui, en abaissant sa main porteuse d'une arme, embroche de son épée, sans aucune compassion, un ennemi tombé à terre.


Ensuite, les pillages étant souvent associés à des massacres, la locution a pris le sens de 'piller'.
Or, piller, n'est-ce pas s'emparer avec brutalité de possessions d'autrui, sens qu'on retrouve dans la signification d'aujourd'hui, mais atténué car on l'associe maintenant rarement à des morts d'hommes ?

Cette expression s'utilise généralement lorsque quelqu'un s'approprie des choses convoitées de manière brutale ou peu élégante.

Exemple
« Faire main basse. Manière de parler pour tuer, égorger, ne pas faire de quartier, passer tout au fil de l'épée. »
Philibert-Joseph Leroux - Dictionnaire comique - 1786

« (…) ils songèrent (…) à se faire apprêter un bon repas. L'hôte, l'hôtesse, et une jeune servante qu'ils avaient, ne s'y épargnèrent point. Ils firent main basse sur toute la volaille de leur basse-cour. »
Alain René Lesage - Histoire de Gil Blas de Santillane - 1715