L'Expressio de la semaine : Se mettre martel en tête

Expressio - 08.02.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - expression française - signification - martel en tête


Chaque semaine, le site Expressio propose de faire découvrir sur ActuaLitté une expression de la langue française, pour explorer les petites perles de notre langage, et en comprendre les évolutions. Aujourd'hui, on se met martel en tête...

 

 

Signification

 

Se faire du souci, se laisser obséder par une inquiétude.

 

Origine

 

Vous avez certainement tous entendu parler du Grand Charles.
Non, pas De Gaulle ! Mais Martel, cet homme de guerre, accessoirement grand-père de Charlemagne, et qui a stoppé l'invasion arabe à Poitiers en 732. Si vous avez étudié l'histoire de France, cela doit vous rappeler quelque chose !
Dans le cas contraire, ça n'a pas grande importance, car ce n'est pas de ce martel qu'il s'agit dans cette expression[1], même si cet homme utilisait un « martel » comme arme dans ses combats.

 

« Martel » est en effet une ancienne forme de marteau, cet outil servant à planter des clous (à la mode de chez nous).
Dès le XVIe siècle, "avoir martel", c'était "avoir du souci" ; "marteler le cerveau de quelqu'un", c'était "le peiner, le tourmenter".

C'est à partir du XVIIIe siècle que l'expression prend la forme d'aujourd'hui.
C'est une métaphore aisément compréhensible qui compare les préoccupations permanentes à des coups de marteau qui résonneraient dans la tête.

 



[1] Au moins, grâce à cette introduction, ça vous aura rappelé qu'il n'y a pas que 800, 1515 ou 1789 comme grande date dans l'histoire de France.

 

Exemple

 

« Il aurait pu penser que son heure viendrait, qu'un sponsor bien intentionné lui confierait un bateau à sa mesure. Rien du tout. La récession a envoyé par le fond les espoirs légitimes d'une tranche d'âge. Grand frère de cette génération perdue, Le Cam ne se met pas pour autant martel en tête. Il se contente de son monocoque de 9 m, fait le métier sans amertume et s'ouvre la tête en poursuivant la mise au point de l'hydroptère, le bateau volant. »

Libération - Article du 30 août 1996

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