L'Expression de la semaine : Je vous le donne en mille

Expressio - 29.11.2013

Patrimoine et éducation - Scolarité France - expression française - histoire de la langue - expressions idiomatiques


Chaque semaine, le site Expressio et ActuaLitté vous proposent de découvrir une expression française, analysée, décortiquée et... Et bon, on a eu quelques ratés ces dernières semaines, mais l'activité reprend ! D'ailleurs, pourquoi nous avons eu ces ratés ? Eh bien.... Je vous le donne en mille...

 

 

Signification

Je vous mets au défi de deviner.

 

Explication 

Contrairement à ce que voulaient faire croire Coluche et San-Antonio ("je vous le donne Émile"), Émile Zola n'a strictement rien à voir dans la naissance de cette expression. Et ses deux frères cachés Gorgon () et Cambo () non plus, d'ailleurs.

 

En effet, cette locution de défi date du milieu du XVIIe siècle, à une époque où l'Émile ne s'était pas 

 

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encore fait connaître puisqu'il n'était pas né.

Elle est tout simplement une forme raccourcie (une ellipse, diraient les férus de géométrie) de "je vous le donne à deviner, mais vous n'avez qu'une chance sur mille de trouver la réponse".

 

Ici, 'mille' ne doit pas être seulement compris comme le nombre égal à dix fois cent, mais comme "un grand nombre", comme l'utilisait Antiochus dans Bérénice, de Racine, lorsqu'il disait "mille autres mieux que moi pourront vous en instruire" ou bien Madame de Maintenon dans sa lettre du 14 juillet 1707 au cardinal de Noailles lorsqu'elle écrivait "sans hésiter, je donnerais mille vies pour obtenir la paix".

 

Exemple 

« (…) hier, pendant plus d'un bon quart d'heure, j'ai pu voir un homme admirable. Tu te demandes qui c'est. Eh bien ! je te le donne en mille. C'était (…) mon père, l'honorable docteur Raymond Pasquier. »

Georges Duhamel - Chronique des Pasquier

 

Complément 

A propos d'Émile Zola, je tiens quand même à rappeler à ceux qui le savaient mais l'ont oublié, que c'est lui l'inventeur du jacuzzi dont il a publié le détail du fonctionnement le 13 janvier 1898 à la une du quotidien l'Aurore (), en plein pendant l'affaire Dreyfus.