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L'Expression de la semaine : rire sous cape

Expressio - 11.10.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - expression française - histoire de la langue - linguistique


Chaque semaine, ActuaLitté propose de découvrir une petite perle des expressions idiomatiques françaises, en partenariat avec Expressio. Trouver et découvrir toutes les subtilités de la langue, d'un seul clic, et surtout, une bonne dose de culture. Programme ambition ? Et qui cette semaine, donnerait l'occasion de Rire sous cape...?

 

 

Signification

Rire ou se réjouir sans le montrer

Origine
Avant d'arriver jusqu'à nous au XVIIe siècle, le mot 'cape' est passé par une trajectoire bizarre.
Issu du bas latin 'cappa' qui, au VIIe siècle, désignait un 'capuchon' ou un "manteau à capuchon" (et, plus précisément, un "vêtement de moine" avant 850), le mot 'cape' est apparu au XIe siècle avant de se transformer en 'chape' au XIIe. Parallèlement, 'cappa' a donné 'capa' en provençal, mot qui, par mélange avec 'cape', la forme normande de 'chape', a finit par (re)devenir 'cape' à partir de 1671. 

 

 Retrouver les 1001 expressions

La cape est donc ce long manteau, avec ou sans capuchon, derrière un pan duquel il est facile de dissimuler son visage lorsqu'on veut rire discrètement, sans que quelqu'un s'aperçoive de notre hilarité.

 

Et non 'hillaryté' comme dirait madame Clinton.


Par extension, même si à part par Mandrake, Super Dupont et quelques autres hurluberlus, la cape n'est plus trop portée de nos jours, on peut toujours rire sous cape lorsqu'on ne veut pas montrer son sourire.

Au XVIe siècle, on disait "rire sous son chapeau" et Molière utilise encore "rire sous chape", sachant que "sous chape" ou "sous cape" veut dire "discrètement" ou "en se cachant".


Exemple
« Je riais souvent sous cape de l'embarras de mon père et de ma mère, qui fort souvent ne savaient où se mettre. »
Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon - Mémoires