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“L'homme aux cent mains” : Asimov, adepte du harcèlement sexuel

Nicolas Gary - 11.01.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - Asimov harcèlement sexuel - homme cent mains - femmes Asimov relations


L’homme qui a inventé les lois de la robotique, aujourd’hui référence pour les chercheurs… Écrivain de science-fiction prolifique, qui revendiquait l’écriture de 500 livres, Issac Asimov est décédé le 6 avril 1992. Mais depuis quelques jours, un certain malaise plane autour du romancier : tout aussi adepte du tripotage des femmes que de sa machine à écrire ?

Isaac Asimov - telly gacitua, CC BY ND 2.0
 

Autrice de science-fiction et éditrice, Judith Merril, raconte qu’il était surnommé dans les années 40 « l’homme aux cent mains ». Elle ajoute qu’il « se sentait apparemment obligé de lorgner, reluquer, toucher et faire des avances, comme des actes de sociabilité ». Nous voici à des années-lumière de l’image que l’on conservait de l’auteur.
 

Des habitudes détestables


Apparu dans les pulps à partir des années 30, Asimov était réputé pour sa capacité à travailler, infatigablement. Dactylographe rapide, il ne voyageait que peu, restait enfermé et jouissait d’une mémoire prodigieuse. Ses textes, émanant d’une faculté à la vulgarisation scientifique, sont devenus des références en matière de SF. 

Mais le portrait qu’en brosse Public Books fait éclater l’image d’ascète discret qui pouvait accompagner le romancier. « Jeune homme timide et inexpérimenté, cela se reflétait dans l’absence écrasante de personnages féminins dans ses fictions », indique-t-on. « Il a déclaré ouvertement que sa relation avec sa première femme était sexuellement insatisfaisante et peu de temps après son mariage, ses mains sont devenues plus librement baladeuses. »

L’auteur lui-même confessait en 1979 « une mauvaise habitude à laquelle je ne peux parfois pas résister à ce jour ». Laquelle ? Celle de jouer avec les soutiens-gorge de femmes, à travers leur chemisier — manie qui aurait débuté alors qu’il travaillait comme chimiste au Philadelphia Navy Yard, durant la Seconde Guerre mondiale.
 

Remis à sa place ?


Après 45, indique l’article « sa réputation de tripoteur est devenue une plaisanterie récurrente chez les fans de science-fiction ». Asimov décrit d’ailleurs Merril comme « le genre de fille qui, quand son postérieur est tapoté par un homme, tripotait [à son tour] les fesses de l’intéressé ». 

Merril se souvient, elle, de cet épisode très différemment : « La troisième ou quatrième fois que sa main caressa mes fesses, je lui ai empoigné les couilles. » Une nuance de taille…

L’article fait également état de l’impunité dont s’auréolait l’auteur, du fait de son succès. Même ses éditeurs, comme Timothy Seldes, chez Doubleday, tolérait avec indulgence une habitude qu’Asimov relatait dans ses mémoires de « prendre dans ses bras toutes les jeunes filles ». 


photo de 1967, avec Asimov

 
Sauf que les femmes qui y travaillaient trouvaient souvent le moindre prétexte pour quitter le bâtiment quand il venait, estimant ses marques d’affection indésirables. 
 

Les risques du métier


Auprès d’un confrère de SF, Frederick Pohl, il vantait les mérites de ses méthodes d’approche — caresses déplacées ou pincer les fesses des femmes : « Vous vous faites beaucoup gifler, mais vous couchez aussi beaucoup. » 

Edward L. Ferman, éditeur, se souvenait d’une convention à la fin des années 50 : « Asimov, au lieu de serrer la main de la femme avec qui j’avais un rendez-vous amoureux, lui a saisi le sein gauche. »

La communauté SF — au moins celle composée par les hommes — voyait cette attitude comme la suite logique d’une personnalité affable. Asimov était prompt à dégainer de mauvais jeux de mots sexuels, provoquant pouffements et rires. Et sa réputation d’obsédé inoffensif le précédait, lui permettant de ne pas être accusé de harcèlement ni d’agression sexuelle, au cours des décennies. 

Inoffensif, d’ailleurs, il en parle dans un ouvrage satirique : The Sensuous Dirty Old Man, paru en 1971. « La question n’est donc pas de savoir si une fille doit être caressée ou non. La question est simplement de savoir où, quand et comment la toucher. »
 

Pris en flagrant délit, mais...


En 1961, l’éditeur Earl Kemp, fan de l’écrivain, l’avait invité à une « pseudo conférence », lors de la World Science Fiction Convention, qui se tiendrait l’année suivante à Chicago. Le sujet était Le pouvoir positif du pincement de fesses, et était promis que des postérieurs féminins de démonstration seraient disponibles. Asimov avait décliné, tout en ajoutant qu’il pourrait toutefois accepter si les fesses en question « présentaient un intérêt particulièrement convaincant ».  

Pourtant, son biographe Michael White cite la femme d’un ami, qu’il avait pincée durant une fête : « Mon Dieu, Asimov, pourquoi agissez-vous toujours de la sorte ? C’est extrêmement douloureux et d’ailleurs, vous ne vous en rendez pas compte, c’est très dégradant. »

Harlan Ellison, cité dans la biographie de Nat Segaloff parue en 2017 raconte : « Chaque fois que nous montions des escaliers avec une jeune femme, je m’assurais de marcher derrière elle pour qu’Isaac ne la touche pas. Il n’entendait rien de particulier à agir ainsi — l’époque était différente — mais c’était Isaac. » Ellison s’était fait largement houspiller, en 2006, pour avoir attrapé le sein de Connie Willis, sur la scène des Hugo Awards.

« J’embrasse chaque jeune femme qui me demande un autographe et j’ai constaté, pour ma plus grande joie, qu’elles ont tendance à coopérer avec enthousiasme à cette activité particulière », avouait Asimov. Dont acte.


Commentaires
Autres époques, autres mœurs... Des plaisanteries grivoise ? La belle affaire ? Faut-il interdire sur le net toutes les blagues sur les blondes, et, généralement, sur les femmes ? Évidemment, aujourd'hui, on frémit rien qu'à l'idée de ce qu'il a fait, et que beaucoup d'hommes faisaient, c'était "admis" comme une gauloiserie, mais admis... N'empêche que je ne cautionne pas ça, hein ! J'ai 60 ans, et on pourrait dénoncer aussi les "claudettes" et toutes sortes de choses. Je retiens l'auteur, et s'il était égrillard, eh bien je ne vais pas brûler ses livres pour autant... LOL
Sauf que cela, admis ou non, dérangeait les femmes qui en étaient victimes et qu’elles s’en plaignaient manifestement plus qu’elles n’appréciaient ces manières.

Époque ou non...
Mais, une question me brûle les lèvres : qu'est ce qu'on en a à faire ?

Dites moi les SJW, justicier du bac à sable du XXIe siècle, vous n'avez pas autre chose à faire de vos journées ? Vous devez vraiment vous ennuyer dans votre vie.

Ok, Asimov était un gros lourd avec les femmes (et à nouveau, ne confondons pas "gros lourd/beauf" et "pevers/DSK like") : jusqu'à preuve du contraire, être un gros beauf, être un abruti n'est pas interdit par la loi (et Dieu merci, sinon les prisons seraient pleines).

Faut-il encore rappeler que l'époque était différente et que ce qui aujourd'hui semble un scandale (et encore) était plus ou moins toléré à l'époque. Ça vous choqué ? Prenez sur vous, pétez un coup mais arrêtez par pitié d'en faire un article inutile en refaisant l'histoire et en décidant de vous improviser juge parce que tel ou tel auteur a eu un comportement qui vous déplaît.



Mais surtout, quel intérêt ? En quoi ça change la qualité des romans d'Asimov. Le gars est mort depuis un moment, c'est extrêmement débile de faire le procès d'un mec qui n'est pas là pour se défendre, qui plus est pour des motifs aussi futiles.

Vous allez refaire le procès de tous les grands écrivains ? Parce que vous allez probablement trouver des casseroles chez chacun d'eux.



J'espère que vous même êtes parfait parce que je me propose de venir vous juger de la même manière.
J'espère, Monsieur ou Madame, qu'une personne de votre connaissance dès qu'elle vous verra ne cessera de vous caresser, tripoter, pincer seins fesses ou parties génitales, et ce en société ou en tête-à-tête, même accompagné de la personne qui partage votre vie, même si le contexte ne s'y prête pas du tout, même si vous lui avez dit non. Vous nous diriez si vous la trouvez juste lourde.
le dernier message d' un homme...encore A mettre au panier...Vous connaissez monsieur la nécessité de l' histoire et des historiens.Votre commentaire ...A vomir...Evitez de commentez désormais
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Excellente journée.
Même si c'était un grand écrivain je trouve ça important de découvrir que même un grand écrivain peut être un connard de bas niveau (désolé pour la vulgarité).

Et ne ce ne sont pas des motifs futiles, déjà à l'époque ces femmes semblaient ne pas aimer. Donc l'excuse c'est une autre époque n'est pas valable.

En quoi est-ce futile ? Vous aimeriez vous qu'on vous pince les fesses, qu'on vous tripote et qu'on vous force à faire des câlins ? C'est si difficile de se mettre à la place des autres et de comprendre ça ?



Oui c'était un artiste et il est mort. Mais de savoir qu'un homme comme ça peut aussi être un harceleur est quand même important.
Oh la la vous ne savez pas qu'avec dièse-metoo tout est suspect, même 40 ans en arrière, avoir joué au docteur avec sa petite cousine serait passible des pires accusations sur les réseaux sociaux. En effet l'opinion sur les dits réseaux prévaut sur la justice et la présomption d'innocence. On commence par accuser après il arrive ce qu'il peut : suicide, vie brisée, etc... La dernière trouvaille c'est que les vilains messieurs "mettaient sous influence" les pures jeunes filles...
Bonjour, ou veut on en venir, avec ces reprobations retroactives? Interdire Gide pendanr qu on y est!
Allez-vous remonter ainsi jusqu'aux penseurs grecs, voire à homo erectus ?

Les prêches à la Savonarole deviennent lassants à réclamer une société aussi plate que la Beauce, lisse comme un crâne de catacombe.
Il n est jamais inutile de faire redescendre les icônes de leur piédestal.
Il n'est jamais utile d'avoir des icônes, autant commencer par là.

En effet, si on commence à regarder la biographie et les habitudes de chaque écrivain (ou n'importe quel mec dont l'histoire a, pour une raison ou une autre, retenu le nom), il y a des chances qu'on y trouve un paquet de de trucs peu recommandables du point de vue de la vertu. Bon, qu'on le sache, pourquoi pas. Comme disait je ne sais plus qui, il n'y a pas de grand homme pour son valet de chambre.

Ce n'est pas que ça fasse beaucoup avancer le schmilblick, mais pourquoi pas.
Bien dit Thierry Rebout: c'est en effet une manie détestable que de vouloir à tout prix idéaliser un écrivain, un poète, un peintre, qui chacun dans son domaine est doué d'un immense talent voire d'un véritable génie, comme si ce génie littéraire ou artistique impliquait nécessairement que l'homme soit aussi grand que son talent. Et si l'on va par là - et on ne s'en prive pas à notre époque de starisation à tout va - alors les profondes imbécillités qui font la toile de fond ( si j'ose) des réseaux sociaux vont devenir la norme. Et quand cette starisation se conjugue à la lâcheté des Tatuffe des milieux éditoriaux et au populisme ambiant on peut craindre le pire. La bêtise au front de taureau du cher Baudelaire ( qui après tout n'était qu'un pauvre junkie) s'avance fièrement, est "likée" à tour de bras, fait le buzz, vend du papier, et explose l'Audimat...
Il est évident qu'Asimov, comme beaucoup d'hommes, avait une certaine opinion des femmes (...), réductrice, celle que je déteste rolleyes... Ceci dit, je pense qu'on ne peut retranscrire nos valeurs d'aujourd'hui, les calquer sur celles d'hier; et d'autant plus clouer au pilori certains auteurs ou artistes parce qu'ils ont eu quelque penchant condamnable, comme Gauguin quand il vivait en Polynésie (avant?...), par exemple.

Sachons raison garder; c'est mieux. Evidemment, on ne peut excuser Matzneff, qui a publié des bouquins qui célèbrent la pédophilie! On ne peut, dans cet esprit, réduire la responsabilité, qui me semble évidente, de ses éditeurs, de ceux qui l'invitaient sur les plateaux télé. Je me suis souvent étonné de cette collusion avec un homme qui professait de telles "valeurs" (du moins pour lui...)

Pour en revenir à Asimov : oui, il dérapait, bon, et c'était un dragueur impénitent; il provoquait. Maintenant... A l'aune de notre époque, il serait descendu en flammes sur les réseaux sociaux (rien que sur le forum, déjà... LOL), mais à l'époque...

Maintenant, il ne faudrait pas non plus que la nôtre, d'époque, vire aussi au politiquement correct à outrance... Non? wink
Je vois beaucoup de commentaires demander « à quoi ça sert de dire ça ? Pourquoi le dire ? ». Mais je vous retourne la question : pourquoi ne pas le dire ?? C’est la liberté d’information. Le rôle des médias est d’informer (que vous vouliez ou non l’information).

À quoi ça sert ? À plein de choses : à se faire une meilleure image de l’homme, en effet personne n’est parfait mais c’est autre chose de le supputer que de le savoir ; à réaliser à quel point et comment les mœurs de l’époque étaient en effet différentes ; à relire ses ouvrages et plus particulièrement ce qui concerne la gente féminine à l’aune de cette info ; etc.

Qui peut juger de ce qui est intéressant ou pas de dire sur quelqu’un, surtout lorsque ce sont des faits avérés et non des suppositions hasardeuses ?

Et quant à ceux qui s’inquiètent qu’on se retrouve dans une société aseptisée, « trop pure », « trop lisse » : laissez-moi vous rassurer, on en est encore très loin. Vous avez vu le monde dans lequel on vit aujourd’hui ??
je suis vraiment atterrée par ces commentaires tous masculins d' ailleurs.Mais comme ils sont entachés de toutes ces visions imprégnées de domination où je ne perce aucune remise en cause .Las Las...
C'est vrai, j'aimerais sentir dans l'ensemble des commentaires, une énergie nouvelle, une remise en cause de ce patriarcat qui n'est ni originel ni naturel et dont notre époque a pour charge de le remettre à sa place. J'aimerais en effet être témoin ici d'un début de renoncement à ses croyances anciennes, un accueil du "couple intérieur" (voir livre de Paule Salomon) apaisé, quelque chose qui serait de la réconciliation FémininMasculin, de l'Amour. Merci pour votre lecture bienveillante
L'art n'excuse rien. la loi est la loi, le respect des femmes est la marque d'un gentleman. Quand on pense que Sartre faisait recruter des petites jeunes par Simone de Beauvoir pour les mettre dans leur lit! A vomir aussi, ce genre d'intellectuels drogués aux amphétamines ...
C'est vrai et d'ailleurs Simone de Beauvoir est aussi coupable que lui.
Oui, tout à fait, c'était la racoleuse de service, Madame Turpitudes. Nauséabonds, les dessous de l'excrémentialisme !
Sachons accueillir ce qui est et reconnaitre.

C'est normal et souhaitable que la vérité émerge, et celle du passé ne fait pas exception.

çà va permettre à nore époque d'évoluer et les lois, les mentalités et meurs aussi. C'est parfait.

Mais le reste n'est pas digne de jugement puisque la personne n'est palus là.

Et juger... voir, les accords Toltèques : en effet , qui est parfait..?

Accueillons ce qui est mais sans jamais renoncer aux évolutions bienveillantes possibles.

au plaisir de vous lire
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