L'Insee recense 2,5 millions d'illettrés en France

Clément Solym - 18.12.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Etude - Insee - Illettrisme


Ce mardi, l'Insee a publié les résultats d'une enquête sur l'illettrisme en France, en 2011, et basée sur un panel de 14.000 interrogés et des exercices repre­nant des situa­tions de la vie quo­ti­dienne (pro­gramme TV, CD de musique, ordon­nance médi­cale...). Et si le Programme international de recherche en lecture scolaire annonçait il y a peu que le niveau des élèves français était en baisse (voir notre actualitté), il s'avèrerait que le nombre d'illettrés soit quant à lui en recrudescence ces dernières années.

 

 

 

 

La lecture, l'écriture

 

Les difficultés augmentent avec l'âge
À l'écrit, en calcul et en compréhension orale, les plus jeunes ont moins souvent de difficultés que les plus âgés. Ainsi, en 2011, en compréhension orale, seulement 11 % des moins de 30 ans ont réussi moins de 60 % des exercices proposés contre 17 % des 50-59 ans et 24 % des 60-65 ans. Les plus jeunes ont également de meilleurs résultats à l'écrit (tableau 6), la part des personnes sans difficulté allant de 76 % pour les 60-65 ans à 89 % pour les moins de 30 ans.
Pour les plus jeunes encore, en 2011, les résultats aux évaluations en lecture de la journée Défense et Citoyenneté (JDC) montrent que 4,8% des jeunes Français ayant au moins 17 ans ont des difficultés sévères en lecture. Ce résultat est très proche de celui mesuré par l'enquête IVQ selon laquelle environ 4,6% des jeunes âgés de 17 à 20ans nés en France, ont des difficultés graves ou fortes face à l'écrit.

Selon le rapport et parmi les interrogés qui avaient été scolarisés en France, l'illettrisme concernerait 2,5 millions de personnes à travers l'hexagone, soit 7% des adultes âgés de 18 à 65 ans. Un chiffre qui s'élèverait à 16 % en incluant les résidants du pays qui ont été scolarisés à l'étranger.

 

En 2004, 12 % des per­sonnes inter­ro­gées se retrouvaient dans une situa­tion pré­oc­cu­pante par rap­port à l'écrit. Tandis que 9 % d'entre elles étaient illet­trées, ce qui représentait 3 mil­lions de personnes.

 

Selon l'Insee, le recul de l'illettrisme pourrait en partie s'expliquer par « l'exclusion du champ de l'enquête 2011 de la géné­ra­tion née avant 1946 pré­sen­tant un taux élevé de per­sonnes en dif­fi­culté (un tiers) et par la prise en compte de jeunes “nés après 1986, pour les­quels ce taux est rela­ti­ve­ment plus faible (soit 10%) ».

 

Et globalement ce sont les 18-29 ans qui seraient le moins touchés par les soucis de lecture et de compréhension orale. La population féminine s'en sortirait mieux à l'écrit, avec 17 % d'hommes en dif­fi­cul­tés contre 15 % de femmes.

 

L'étude révèle également l'importance de la langue de scolarisation : « Parmi les 16% de per­sonnes en dif­fi­culté à l'écrit, le taux bon­dit à 61% chez celles sco­la­ri­sées hors de France dans une autre langue que le fran­çais et à 31% chez celles sco­la­ri­sées hors de France, mais en français. »

 

 

Et les mathématiques

 

L'Insee pointe un possible « effet calculette », tandis que les difficultés en matière de calcul semblent toucher plus d'interrogés par rapport à l'année de référence. Entre 2004 et 2011, la part des per­sonnes très per­for­mantes dans le domaine, âgées de 18 à 30 ans, a baissé de 36 % à 33 %.

 

L'enquête met en relief un écart de niveau entre les hommes et les femmes. Alors que ces dernières seraient 20 % à avoir de médiocres résultats en calcul contre 14 % d'hommes, l'Insee a estimé à 24 % les femmes qui auraient d'excellents résultats par rapport à 35 % d'hommes. Une tendance qui apparaissait déjà au cours de l'étude de 2004.

 

L'intégralité du rapport d'enquête est disponible à la lecture à cette adresse.

 

Etude Insee Illettrisme en France