L'islam enseigné en Allemagne : pas immédiatement

Clément Solym - 27.03.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - islam - Allemagne - musulmans


Nous vous l'avions rapporté, l'Allemagne a décidé que l'Islam serait dispensé en classe désormais au même titre que protestantisme, catholicisme, orthodoxie ou judaïsme. Sur 3,3 millions de musulmans, dont 1,8 sont d'origine turque, la mesure annoncée le 13 mars dernier ne manquera pas d'un certain retentissement. « Une énorme avancée », estime Bekir Alboga, porte-parole du Conseil de coordination des musulmans.

L'islam, le grand absent de l'enseignement

Cette absence ne sera pas comblée sur le champ, mais d'ici cinq ans, bien que ce délai paraisse trop court à certains. Josef Kraus, président du syndicat DL le croit du moins : « La réflexion durera au moins le temps qu’une génération d’écoliers achève sa scolarité. » Mais Wolfgang Schäuble, ministre de l'Intérieur au sortir de la réunion avec une trentaine de représentants étatiques et d'organisations religieuses était optimiste : « Nous nous sommes mis d’accord pour nous engager dans cette voie. » La bonne ? L'avenir le dira.

Quelques éléments incompressibles

Pour autant, un délai temporel intervient : après un bref calcul, les professeurs n'obtiennent leur diplôme qu'après cinq années d'études et deux de formation pratique. Un minimum de sept ans, donc à attendre, à condition que la formation soit immédiatement mise en place.

Par ailleurs, le KRM, censé représenter l'islam n'est pas encore reconnu comme l'interlocuteur unique représentatif de la population musulmane. Seule une personne sur dix s'y identifierait, grippant provisoirement la machine scolaire qui a besoin de cet interlocuteur unique. Ce dernier doit en effet travailler de concert pour établir des programmes, à travers chaque Landër.

« Nous n’importerons pas d’imams venus de n’importe où », a tenu à rassurer le ministre de l'Intérieur, pour apaiser les craintes manifestées par certains enseignants. Il compte d'ailleurs sur cette décision pour « provoquer un changement de pratique dans les mosquées ». Visant principalement à éteindre les islamistes, 1 à 2 % des musulmans, ce geste devrait redonner confiance à une frange de la population qui ne se considère pas vraiment prise en compte