L'Italia Futurista, la revue belliqueuse des futuristes italiens

Antoine Oury - 12.08.2016

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Le futurisme italien, né avec le manifeste du poète Filippo Tommaso Marinetti publié dans Le Figaro en 1909, faisait partie de ces mouvements du début du XXe siècle qui souhaitaient mettre à mal la vieille société et embrasser pleinement le modernisme. La revue Italia Futurista, publiée à partir de 1916 à Florence, fut leur dernier acte révolutionnaire et grandiloquent avant la Première Guerre mondiale.

 

Italia Futurista, n°1, 1er juin 1916

 

 

« L'Italia Futurista est le premier périodique italien dynamique » revendiquait l'écrivain Emilio Settimelli, un des piliers du futurisme aux côtés de Marinetti et des frères Arnaldo Ginna et Bruno Corra. C'est avec ces derniers qu'il prend la tête de la direction artistique du journal L'Italia Futurista, fondé en 1916 après la disparition de Lacerba, une autre revue d'avant-garde florentine à laquelle Marinetti et quelques autres ont participé.

 

Avec L'Italia Futurista, les futuristes prennent en main leur propre revue, radicale, anticonformiste et particulièrement provocante. Publiée toutes les deux semaines, puis à un rythme encore plus soutenu en 1917, L'Italia Futurista véhicule le message révolutionnaire, et parfois un peu bouffon, des futuristes. Adorateurs de la modernité, à travers les techniques industrielles ou la communication publicitaire, ces radicaux n'hésitaient pas à appeler de leurs vœux la guerre, source de progrès technique et de renouvellement des idées, selon eux.

 

Le credo des futuristes, « la parole in libertà » (« les mots en liberté »), se retrouve dans leurs célèbres compositions typographiques, où les polices de caractères, leurs attributs et la mise en page véhiculent un message au même titre que le texte. Dans le journal sont aussi imprimés des articles sur l'actualité, le cinéma, la musique, la politique, des manifestes, des poèmes, des feuilletons, des dessins et autres scènes extraites de « synthèses théâtrales futuristes », une nouvelle forme d'écriture dramatique mise en avant par les futuristes.

 

Le numéro 39, dernier de la revue en 1918, présente le « Manifesto del partito politico futurista » de Filippo Tommaso Marinetti, qui participe à la relation pour le moins ambigüe entre les futuristes et le fascisme qui deviendra celui de Benito Mussolini.

 

Le Kunsthistorisches Institut de Florence, une des plus anciennes institutions consacrées à l'Histoire de l'Art et de l'architecture en Italie, a numérisé l'ensemble des 51 numéros de la revue, accessibles à cette adresse.