L’université européenne de Saint-Pétersbourg menacée de fermeture

Elodie Pinguet - 16.12.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - université saint-pétersbourg - école Russie fermeture - enseignement scolaire


Le 9 décembre dernier, l’observatoire national de l’éducation Rosobrnadzor en Russie a demandé à l’Université européenne de Saint-Pétersbourg de cesser l’enseignement en classe. Si elle n’est pas encore totalement fermée, c’est un risque sérieux, car l’université aurait violé plusieurs règles juridiques.

 

Un rassemblement de soutien a été organisé devant La Sorbonne le week-end dernier, à Paris

(photo d'illustration, Jozef Racek, CC BY NC ND 2.0)

 

 

Depuis une semaine, les élèves de l’université européenne de Saint-Pétersbourg n’ont pas pu aller en cours. Et ceci à cause d’une mesure du bureau gouvernemental Rosobrnadzor, qui se trouve être le service fédéral pour le contrôle de l’éducation et de la science. Plusieurs raids du Rosobrnadzor auraient été menés dans l’année et ses agents auraient fait état de 120 violations juridiques.

 

L’université cite quelques-unes des violations qui lui sont reprochées : un pourcentage insuffisant de professeurs praticiens pour les départements de sciences politiques et sociologie, pas de certification appropriée pour les enseignants en CDD et pas de gymnase fonctionnel, quand il devrait y en avoir un d’après le permis accordé à l'université.

 

Une plainte aurait été déposée par Vitaliy Milonov, législateur ultraconservateur et membre de la Douma russe. C’est cette plainte qui aurait abouti à la série de raids du Rosobrnadzor sur l’université. D’après le personnel de l’école, le Kremlin soutiendrait leur cause et précise qu’elle « accorde une grande attention à la qualité de son personnel ».

 

Pour certains enseignants, cette affaire semble plutôt politique, comme le dit le doyen de la faculté de sciences politiques et de sociologie, Artemy Magun : « La raison d’une série sans précédent de raids de contrôle contre l’université semble être politique, même si nous ne comprenons pas encore qui est l’acteur politique derrière les attaques et ce qu’il veut. »

 

En effet d’après l’université, « des publications internet ont répandu des informations fausses et diffamatoires sur les relations de l’université avec des organisations étrangères, prétendant que l’école agit contre les intérêts de la Russie ». En janvier 2008, l'école avait mis fin à un projet pour l’amélioration de la surveillance électorale suite à une condamnation publique du président Vladimir Poutine. Le mois suivant, elle était fermée pour six semaines suite à une inspection de sécurité incendie.

 

En France, des étudiants parisiens ont vivement réagi à la nouvelle en organisant le week-end dernier un rassemblement devant la Sorbonne. Ils montrent leur soutien aux élèves et enseignants et qualifient cette affaire d’« attaque contre l’enseignement supérieur russe ».

 

Une audience est prévue le 11 janvier 2017 et devrait donc déterminer l'avenir de l'université.

 

Via mhpBooks et TheMoscowTimes