Les ventes aux enchères d’ouvrages anciens font l’actualité en Belgique. La maison de vente bruxelloise Arenberg Auctions assure que ces œuvres sont très prisées des collectionneurs étrangers. En effet, depuis 2000, les ventes ont largement évolué au point qu’un livre sur trois est désormais acquis par des acheteurs français, néerlandais, américains ou italiens.



 

 

Henri Godts, expert pour la maison d’enchères, s’en explique : « Dans la mesure où la Belgique s’est toujours trouvée au carrefour de grandes cultures européennes, le matériel, le patrimoine historique ne manque pas dans notre pays. De quoi justifier l’intérêt que démontrent certains acteurs internationaux. »

 

Arenberg Auctions est une structure relativement récente, puisqu’il s’agit de la fusion de deux structures, Romantic Agony et Henri Godts. Tous deux se sont associés pour augmenter la portée de leurs ventes. Selon leurs données, durant l’année 2016, 15.000 ouvrages ont été vendus en Belgique, et un tiers des ventes a été réalisé par des acheteurs étrangers. 

 

Le tout, quand 400.000 ouvrages rares ont été achetés à travers le monde. 

 

« Depuis toujours, la Belgique est réputée pour ses collectionneurs, pas seulement en arts plastiques, mais en livres rares et anciens. On utilise d’ailleurs une expression à Paris : la condition belge. Un livre en condition belge, c’est un livre en parfait état », explique Henri Godts. 
 

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Dans le milieu des années 2000, un titre sur cinq seulement allait à des collectionneurs étrangers, quand le ratio était d’un pour dix, voilà 20 ans. Cette évolution est largement due aux outils de communication numérique, et bien évidemment, aux nouvelles technologies. 

 

« C’est dû à l’intensification des moyens de communication. Notre métier a connu une révolution, en ce sens où l’informatique et l’internet ont intensifié les échanges, la consultation. Avec un catalogue papier, on pouvait toucher une clientèle de 1.500 à 2.000 personnes, aujourd’hui on peut joindre beaucoup plus de monde. Et beaucoup plus de monde peut nous joindre. », poursuit l’expert auprès de l’agence Belga.
 

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Pour autant, la Belgique n’aurait pas à s’inquiéter de ce que son patrimoine puisse être éparpillé. D’ailleurs, l’idée n’est pas de pousser un cri d’alarme : « C’est un constat, pas davantage. Le commerce de livres est un phénomène international. Au XVIIe, les Français et les Anglais les achetaient déjà en Hollande, au XIXe les Belges allaient à Londres et à Paris. Plantin, au XVIe siècle, présentait ses livres à la foire de Francfort. »

 

Et puis, ce n’est pas tous les jours que l’on voit mis en vente une pièce de collection extraordinaire. Au grand dam des collectionneurs, d'ailleurs...


 

via Le Soir