La Bibliothèque nationale de France accueille le Fonds Olivier Messiaen

Antoine Oury - 05.02.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Fonds Olivier Messiaen - BnF Olivier Messiaen - Bibliothèque nationale France archives


La Bibliothèque nationale de France et le ministère de la Culture se réjouissent de l'entrée du Fonds Messiaen au sein de l'établissement. Le compositeur (1908-1992) et son épouse Yvonne Loriod-Messiaen (1924-2010) avaient collecté au fil des années des manuscrits, archives, partitions, disques, livres, photographies et objets qui forment à présent 250 mètres linéaires de documents.

 

 © BnF Musique / Fonds Messiaen

 

 

De son vivant, Yvonne Loriod-Messiaen avait créé la Fondation Messiaen, placée sous égide de la Fondation de France, pour promouvoir l’œuvre du musicien, qui versait également dans la théorie musicale. Messiaen avait déjà confié des manuscrits autographes de ses œuvres, et l’ensemble de ses manuscrits de travail, esquisses, brouillons, dossiers, concernant ses œuvres majeures comme le Quatuor pour la fin du Temps ou les Vingt regards sur l’Enfant Jésus viennent compléter ce fonds exhaustif.

 

Dans sa bibliothèque, complète la BnF, « on trouve les lignes de force de son œuvre, la spiritualité franciscaine, la passion ornithologique et son attirance pour l’Extrême-Orient. Les rayonnages recelaient également les sources de son activité pédagogique au Conservatoire de Paris comme ses partitions annotées. »

 

Celui qui avait ajouté sur sa carte de visite « ornithologue et rythmicien » savait reconnaître à l'oreille quelque cent chants d'oiseaux. Il en a rempli deux cents carnets ! Marie-Gabrielle Soret, conservateur au département de la musique de la BnF

 

« Olivier Messiaen est l’auteur d’une œuvre immense, tant musicale que poétique et spirituelle, et ses archives représentent une somme d’une importance capitale; aussi la BnF est-elle honorée de pouvoir les conserver et les mettre à la disposition des chercheurs, en attendant une future exposition qui rendra hommage à cet artiste majeur du XXe siècle » a souligné Bruno Racine, président de la BnF.

 

Lorsque l’on évoque un musicien, les enregistrements font évidemment office de trésors : « Les archives de quelque soixante années d’activité ont été soigneusement classées et annotées par Yvonne Loriod depuis la disparition du maître. Leur mise à disposition va permettre aux chercheurs, musicologues et interprètes d’approcher au plus près l’atelier du créateur. Il existe, par exemple, un enregistrement “maison”, totalement inédit, de son opéra Saint-François d’Assise : Messiaen y chante tous les rôles et est accompagné par son épouse au piano », explique Marie-Gabrielle Soret, conservatrice au département de la musique de la BnF.

 

Le fonds sera réparti entre le département de la musique, sur le site Louvois, et le département audiovisuel, sur le site de Tolbiac, qui accueillera les enregistrements sonores.

 

Par ailleurs, le ministère de la Culture se réjouit de la sauvegarde du registre du château d’Amboise : en le classant comme « Trésor national », la ministre Fleur Pellerin avait souhaité le préserver d’une vente aux enchères, et c’est visiblement réussi. L’épais registre de près de 300 feuillets de parchemin conservé dans sa reliure en basane sur ais de bois est dans un état rarement observé, et constitue une archive exceptionnelle sur la France de la Renaissance.

 

« Le jeune roi Charles VIII, qui avait commandé de somptueux travaux d’agrandissement de son château natal, a confié à son trésorier la supervision des travaux. Celui-ci a désigné un comptable commis au paiement des dépenses, Alexandre Blandin, pour tenir un registre des comptes aussi détaillé que possible. Des registres aussi complets sont rares. Celui-ci est d’ailleurs le seul rescapé d’une série de six. Les autres ont disparu à Amboise, et les exemplaires conservés à la Chambre des Comptes de Paris ont vraisemblablement brûlé dans l’incendie de ses archives, en 1737 », raconte Jean-François Moufflet, conservateur du patrimoine aux Archives nationales, département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime.

 

90.000 € ont été réunis grâce au mécénat d’entreprise, sur les 100.000 € nécessaires, et le ministère annonce que la moitié des 10.000 € nécessaires à la restauration du registre ont été collectés via une souscription publique.