La bibliothèque numérique des USA en ligne le 18 avril

Antoine Oury - 04.04.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - USA - Digital Public Library - Google


Dans un délai de 3 ans seulement, la Digital Public Library of America vise le rassemblement de la majorité des documents numérisés par les bibliothèques des États-Unis, et le portail sera accessible dès le 18 avril. Un lancement tardif et un travail titanesque : archives, remises de musées et centres de recherche sont recouverts par le cahier des charges de la DPLA.

 

 

Detroit Public Library

Knight Foundation, CC BY-SA 2.0

 


Le projet est né aux alentours de décembre 2010, au sein du Berkman Center for Internet & Society : recherche, technologie, bibliothèque et service public s'accordent sur un prototype de portail numérique. Simplement nommé DPLA, celui-ci rassemblera les documents numérisés qui racontent l'histoire de la nation à la bannière étoilée. Livraison en 2013.

 

Car le temps presse : le Vieux continent s'est lui-même doté du portail Europeana, et il serait logique que son pendant outre-Atlantique puisse lui répondre avec sa propre solution. Pour commencer, l'adresse dp.la abritera des documents écrits, textes, manuscrits, et autres compositions, avant de s'ouvrir, si tout va bien, à l'image animée et au bruit organisé.

«Un réseau ouvert et relié de ressources en ligne qui dessinent le patrimoine vivant de la nation, conservé par les bibliothèques, les universités, archives et musées afin d'éduquer, d'informer et de responsabiliser tout le monde au sein des générations actuelles et futures.»

inscrit le portail sur son fronton.

 

Il faudra en effet en imposer, puisque cette solution publique succède aux velléités de Google sur la numérisation du patrimoine américain : « Les gens ont dit que la DPLA, c'était Google Books en bien. Google Books a été poursuivi et le règlement proposé a été rejeté, le projet est donc sur la touche. Nous profitons de l'excellent travail des archives et des musées, ce sera bien plus qu'un lot de livres », assure un membre du conseil d'administration de la DPLA, John Palfrey, professeur de droit.

 

Composer avec le copyright

 

Le tour de force du portail, qui a réussi là où l'échec de Google Books avait causé sa perte, réside bien entendu dans les négociations autour des droits d'utilisation des documents mis en ligne : le copyright en vigueur aurait pu exclure tous les travaux publiés après... 1873, de quoi rendre désertes les étagères de la DPLA. Heureusement, le fair use, une exception au droit d'auteur que Google avait un temps tenté d'invoquer pour justifier ses scans sans autorisation des auteurs et éditeurs, a élargi le champ des possibles. Des oeuvres récentes pourraient même être ajoutées à des fins d'accessibilité ou de pédagogie.

 

« Les conditions d'utilisation de la DPLA, si vous les étudiez bien, sont extrêmement permissives. Nous luttons vraiment pour une base des savoirs exploitable et transférable. Tout ce qui pourra l'être sera sous licence CC-0 », explique Dan Cohen, directeur exécutif de la DPLA. En somme, une licence qui pose le principe du domaine public, librement utilisable et modifiable par quiconque. Il faudra observer la concrétisation par les faits, mais une telle politique est à mille lieues de celle en vigueur de l'autre côté de l'Atlantique, où l'étape de la numérisation équivaut souvent à un ajout de nouveaux droits d'exclusivité.

 

Un même traitement sera appliqué aux codes utilisés ou créés pour bâtir le tout, gratuits et open source, et aussi aux métadonnées, qui permettent de classer les documents, mais aussi d'établir des passerelles entre les portails, comme la DPLA et Europeana. 

 

Pour son lancement, la DPLA compte agréger 243 manuscrits médiévaux, 5.741 pamphlets latino-américains, 3.628 daguerréotypes, 502 romans policiers des XVIIIe et XIXe siècles, et 420 verdicts de jugements. Avec, très vite, d'autres vagues d'ajout pour rattraper les 20 millions de documents hébergés par Europeana.




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