La création typographique au XXe siècle à l'École des chartes

Antoine Oury - 15.11.2016

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Les éditions Adverbum (Atelier Perrousseaux Éditeur) ont préparé le cadeau idéal pour les amateurs de graphisme et de belles lettres : un coffret de 7 ouvrages rédigés par une quinzaine de spécialistes, sous la direction de Jacques André, pour reconstituer une Histoire de l’écriture typographique au XXe siècle. La parution de ce coffret s'accompagne d'une journée d'études à l'École des chartes le 7 décembre prochain.

Lors de cette journée, les auteurs des volumes dédiés au xxe siècle présenteront des aspects de la typographie de ce siècle en se concentrant notamment sur les relations entre la création et la technique et sur les influences des technologies sur la création typographique. L'intégralité du programme est accessible.

 

Cette journée d’études se poursuivra à 17h30 par une table ronde ouverte au grand public sur « L’histoire de l’écriture typographique » modérée par Christophe Rioux, en présence de David Rault, directeur de la collection, et des auteurs Jacques André, Roxane Jubert, Christian Laucou et Alice Savoie, et se clôturera par un cocktail.

 

Les sept volumes de la collection ont été réunis dans un magnifique coffret et cet ensemble précieux, riche de plus de 3 000 illustrations, dédié aux enseignants, aux étudiants, aux professionnels mais aussi à tous les amateurs de la lettre imprimée, nous donne à voir la typographie dans tous ses aspects et saura à coup sûr aiguiser les curiosités et servir de base à de nouvelles explorations et de futures métamorphoses.

 

Yves Perrousseaux, éditeur et Compagnon de Lure, a initié ce projet d’édition d’une Histoire de l'écriture typographique vers 1990, comblant ainsi un vide flagrant dans l'édition française. Il a édité les deux premiers volumes couvrant la période de Gutenberg à la fin du XVIIIe siècle. Après sa disparition, les éditions Adverbum ont confié la suite de cet ambitieux projet éditorial à Jacques André et Christian Laucou pour le XIXe siècle et le XXe siècle.

 

La journée d’études sera spécifiquement consacrée au xxe siècle, l’une des périodes les plus mouvementées de l’histoire de la typographie, sous la double influence des évolutions technologiques et de la diversification des usages de l’imprimé.

 

« La technique aura été en continuelle évolution, voire révolution, depuis 1900. Les machines à composer comme les Monotype et Linotype, la photocomposition et pour finir l'informatique offrirent chaque fois de nouvelles possibilités de créations et d'adaptation du patrimoine, de nouveaux métiers mais aussi de nouveaux usages. La profession de créateur de caractères se libère progressivement de l’appareil industriel auquel elle était jadis associée. En fait, la typographie ne concerne plus les seuls imprimés (le livre et la presse).

 

Dès la fin du XIXe siècle apparaît, grâce à la lithographie, le concept tout nouveau d’affiche artistique. Les lettrages y sont encore dessinés à la main, lettre par lettre. C’est alors la période de l’Art Nouveau et de ses alphabets qui vont parfois être gravés puis fondus (comme le Grasset dès les premières années 1900), mais aussi utilisés pour des affiches, en signalétique (les bouches du métro parisien), sur des menus, etc. Le « design graphique » naît à cette époque et la typographie sort du livre. Quelques petites dizaines d’années plus tard, d’autres – artistes, écrivains ou architectes – vont aller plus loin sur la façon de construire lettres et alphabets comme on construit des maisons.

 

C’est un phénomène de toute l’Europe avec, en vrac, le mouvement De Stijl en Hollande, Fernand Léger en France ou le Bauhaus allemand. La lettre, jusqu’alors simple vecteur de l’écriture, devient objet de recherche, finalité. Vers 1960 les créateurs de lettres se libèrent du plomb avec les lettres transferts (comme Bolton ou Mendoza). Pendant ce temps les Frutiger, Mandel, Zapf dessinent les premières fontes numériques, informatiques. Les nouveaux outils se répandent à leur tour, Adobe et les personnal computers y sont pour beaucoup, et ne sont plus réservés aux cabinets de graveurs d'autrefois. Pour le meilleur et pour le pire.

 

Sempiternelle question : a-t-on besoin de nouveaux caractères ? Qui en appelle une autre : pourquoi a-t-on besoin des anciens caractères ? On hésite encore, mais la question fondamentale reste « Comment tracer un A ? » Ainsi, à la fin du XXe siècle, Hoffstadter et Knuth se poseront la question « what is the A-ness of an A? » (qu’est-ce qui fait qu’un A est un A ? ou qu'est-ce qu'un A ?). La réponse n'est pas simple et les recherches faites dans la seconde moitié du siècle se traduisent par des études sur la forme et, en corollaire, sur ses déformations ; ce que notre début de XXIe siècle vient confirmer... »

 

(Extraits des préface, introductions et postface)

 

Conditions d'inscription

 

En raison des contraintes matérielles et du plan Vigipirate, chaque séance (matin, après-midi et cocktail) sera limitée aux seules 50 personnes qui se seront pré-inscrites auprès des Editions Adverbum.