La lecture, c'était mieux avant ? Pas sûr...

Clément Solym - 10.04.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - habitudes de lecture - Internet - cinquante dernières années


Au même titre que les voitures volantes sur coussins d'air, la disparition de la lecture sous le coup de la technologie a fait les beaux jours d'une anticipation facile et un peu poussive : inévitablement, la multiplication des écrans et le passage des années allaient remiser l'activité aux rayonnages des musées du futur, devant lesquelles nos futurs arrières petits lambins s'esclafferaient bruyamment... En fait, c'est la tendance inverse qui s'observe, chiffres à l'appui.

 

La lecture se porte bien, merci : les chiffres exhumés par l'institut de sondage Gallup permettent de comparer la pratique contemporaine de la lecture à celle du milieu du siècle dernier. Si, dans la période 1949-1957, à peine un quart de la population américaine déclarait lire un livre au moment de l'étude, la même réponse est donnée par la moitié des Américains en 2005. Alors, à moins, que les interrogés soient plus menteurs que leurs ancêtres, c'est un fait : la lecture n'accuse pas le coup des années.


« Lisez-vous un livre en ce moment ? », taux de "oui" aux États-Unis selon les années


Bien sûr, si l'on se gardera désormais de tout discours passéiste sur la lecture, on évitera de tomber dans l'excès inverse, et d'attribuer uniquement à l'apparition d'Internet la hausse spectaculaire observable pour l'année charnière 1990. Le taux d'alphabétisation et le niveau d'éducation du pays entrent en compte, au même titre que la densification des réseaux de communication.

 

La lecture garde la tête haute (pas pratique) en France aussi, puisqu'une étude de l'Observatoire des Loisirs des Français révélait il y a quelques semaines qu'elle figurait toujours en première place des activités favorites des Français, devant la musique ou la télévision. (voir notre actualitté) Si ce type d'enquête quantitative trouve évidemment ses limites dans l'absence de détail vis-à-vis des pratiques de lecture, elle donne néanmoins un sérieux coup de frein aux idées reçues.