L’armée américaine désire ardemment œuvrer pour l’alphabétisation du pays, constatant combien la littératie est la clef d’un meilleur système de santé et de soins. Lecture et écriture sont les facteurs essentiels pour mieux vivre, souligne l’US Air Force. Parce que de ces deux paramètres découle une compréhension des informations données. Et en matière de santé, mieux vaut être bien informé.

 

Aircraft hoist

US Army, CC BY 2.0

 

 

L’US Air Force met ainsi l’accent sur ce qu’elle appelle « la littératie médicale » dans l’amélioration de la vie des concitoyens. Les patients avec des difficultés à appréhender et interpréter les diagnostics ou bilans qu’on leur formule ne peuvent en effet prendre les meilleures décisions. Or, quand ces dernières concernent des soins de santé importants, ou qu’une maladie grave leur est révélée, la capacité à comprendre les soins prodigués est entravée. Conséquence, les patients ainsi diagnostiqués « peuvent être effrayés ou embrouillés », note l’US Air Force.

 

La communication entre le médecin et le patient devient cruciale, pour compenser les manques constatés. Comprendre les informations communiquées est alors devenu l’un des enjeux de la force armée. « La littératie médicale dépend de la complexité de ce que l’on dit et du soin que le patient doit exécuter », explique une lieutenante-colonelle. 

 

Il importe donc que le patient se trouve dans un environnement qui lui devient familier. L’ensemble des processus auquel il sera confronté doit lui être expliqué de sorte qu’il en mesure pleinement les effets.

 

Seuls 12 % des adultes américains auraient des connaissances en matière de littératie médicale, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce qui montre l’importance pour le reste de la population de bénéficier d’un traitement spécifique, dans l’accompagnement et l’information. 

 

« Lorsque les patients sont anxieux ou dépassés, leur degré d’intelligence n’a plus aucune importance : cela affecte la faculté d’une personne à traiter l’information », poursuit Laura Lien. On s’arrête facilement à la nouvelle, au diagnostic, sans plus être en mesure de digérer ce qui sera dit par la suite. 

 

Dans le système de santé actuel, les soins dispensés sont suivis d’une prise en charge des patients équivalente, assure une infirmière en chef : « Nous abordons tout le monde, comme s’ils étaient tous limités en matière de littératie médicale. » Les équipes de soins font donc œuvre de pédagogie, assure l’armée – et une fois que la confiance du patient est acquise, et que le dialogue est instauré, un changement de paradigme intervient.

 

« Cela favorise la sécurité des patients et leur permet de jouer un rôle actif dans la gestion de leur propre santé. » Chez les écrivains encore adeptes des machines, c'est ce que l'on nomme la "frappe" chirurgicale.

 

L’année passée, la National Literacy Trust, organisme de charité britannique avait lancé le même débat. Préoccupée par les relations entre qualité des soins médicaux et alphabétisation, elle définissait la littératie médicale comme « les connaissances, la motivation et les compétences d'une personne pour accéder, comprendre et appliquer les informations relatives à la santé afin d'émettre des jugements et de prendre des décisions relatives aux soins médicaux, à la prévention des maladies ou à l'amélioration de la santé, afin de maintenir ou d'améliorer le niveau de vie tout au long de l'existence ».

 

En 2012, le sondage European Health Literacy montrait que la moitié des adultes, dans 8 pays d'Europe, avait de sérieux problèmes de littératie en santé. Les problèmes moyens ou récurrents, eux, concernent pratiquement la moitié de la population, et plus spécifiquement des catégories précaires, à faibles revenus, ou des expatriés par exemple. Avec des conséquences mortifères : les habitants des quartiers défavorisés du Royaume-Uni ont en moyenne 7 années de moins à vivre que les mieux lotis.

 

 

via US Air Force