La maison de Paul Éluard ne finira pas en parking

Louis Mallié - 21.08.2014

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Paul Éluard - Saint-Brice-sous-Forêt - Destruction


L'ancien pavillon dans lequel Paul Éluard avait vécu trois années à Saint-Brice-sous-Forêt dans le Val d'Oise ne sera pas détruit, ainsi que l'entendait dans un premier temps la municipalité. À la place, l'association des Amis du Vieux Saint-Brice devra trouver un financement pour la restauration du lieu — plus que délabré.

 

 

 

C'est Monique Germain, présidente de l'association avait averti la presse. La restauration du pavillon coûtant effectivement trop cher, la municipalité avait jugé qu'un parking — délicatement baptisé du nom du poète — servirait mieux les intérêts de la ville. Mais l'attention portée par la presse à l'affaire semble avoir changé la donne. 

 

Et c'est ainsi que le maire UMP Alain Lorand a lui-même contacté le Figaro pour l'informer de son changement de décision : « La maison de Paul Éluard ne sera pas démolie », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il reviendrait ainsi à l'association présidée par Monique Germain de trouver un financement pour la conservation du site.

 

Une tâche qui pourrait bien s'avérer aussi — si ce n'est plus — difficile que celle d'empêcher sa destruction, quand bien même le projet avait déjà bénéficié d'un soutien des Bâtiments de France. Car à voir les images du bâtiment, la désillusion est grande, et on a peine à concevoir ce qui pourrait encore être tiré des lieux, faute d'un entretien prolongé. 

 

Le pavillon aurait en effet mérité plus d'attention, et ce d'autant qu'il fut un des petits lieux phares du surréalisme. Habité par l'auteur de Capitale de la douleur — et non de Nadja, comme l'ont malencontreusement noté nos confrères du Figaro — son épouse Gala, et leur fille Cécile de 1920 à 1923, il avait accueilli tout le groupe surréaliste de l'époque, de Breton à Crevel, en passant par Marx Ernst et Aragon.

 

Par ailleurs, il avait également  servi à la peinture du Rendez-vous des Amis, de Marx Ernst.  « Le maire a fait ça dans son coin, sans se poser de questions, en espérant que ça passerait inaperçu. Manque de pot, l'art a encore de la place en France », avait commenté une jeune fille de la ville, interrogée par l'Humanité.