La New York Public Library s'offre les archives de Tom Wolfe

Antoine Oury - 26.11.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Tom Wolfe - New York Public Library - Hunter S. Thompson


L'écrivain Tom Wolfe a vendu l'ensemble de ses archives, ou du moins une bonne partie d'entre elles, puisque ce sont 190 boîtes qui ont été remplies avec la correspondance, mais aussi les manuscrits, notes et autres documents de l'écrivain. La New York Public Library a acheté l'ensemble de ses archives, pour un montant de 2,15 millions $.

 


Thomas Wolfe

Huile sur canevas de Everett Raymond Kinstler, 2000 (cliff1066™, CC BY 2.0)

 

 

L'écrivain le mieux mis des États-Unis a donc reçu une confortable somme en échange de ses archives, un achat validé par le conseil d'administration de la bibliothèque, et, certes, financé en large partie par un don privé. « Tom Wolfe a été citoyen, analyste et critique de la société new-yorkaise au milieu de quelques-unes de ses plus grandes controverses », a souligné Anthony W. Marx, directeur de la New York Public Library.

 

Homme mondain, pape de la contre-culture et promoteur du « Nouveau Journalisme » dans les années 1960, auteur de romans cultes comme Le Bûcher des Vanités ou Un homme, un vrai, Wolfe s'est effectivement nourri d'une forme de journalisme sociologique au début de sa carrière. Observateur des moeurs, se prêtant volontiers au jeu du cobaye, il puisait alors dans la société américaine les éléments de ses essais, de Acid Test (1968) à L'Étoffe des héros (1979).

 

Du coup, une bonne partie de ses archives est constituée par sa seule correspondance, avec des lettres adressées à Hunter S. Thompson, William F. Buckley et Gay Talese. On retrouvera également dans les cartons l'article fondateur du Nouveau Journalisme, invitant dès son titre à une autre forme d'écriture (et de lecture) journalistique : There Goes (Varoom! Varoom!) That Kandy-Kolored (Thphhhhhh!) Tangerine-Flake Streamline Baby (Rahghhh!) Around the Bend (Brummmmmmmmmmmmmmm)...

 

À 83 ans, Wolfe s'est déclaré ravi que la bibliothèque prenne possession de ses archives, et s'est souvenu des longues heures passées dans l'enceinte de l'établissement : « Je faisais beaucoup de vérifications, et parfois même des sortes de reportages longue-distance depuis la bibliothèque... J'ai écrit nombre d'articles ici, d'abord parce que le téléphone ne sonnait jamais. »

 

Les documents seront déplacés cet été, à quelques mètres à peine du domicile de Wolfe : faire de la place en s'enrichissant, un privilège réservé aux légendes...