La Normandie veut protéger son parler régional

Antoine Oury - 18.06.2019

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Parce que ce parler normand fait partie du patrimoine de la région, la Normandie s'est engagée, ce 17 juin, dans la mise en œuvre d'une politique de conservation, à travers une stratégie déclinée en plusieurs axes et actions. Hervé Morin, président de la région, et Nicolas Abraham, président de la fédération des associations pour la langue normande (FALE), ont inscrit ces mesures dans une convention garantissant notamment un budget de 15.000 € par an.

Hervé Morin et Nicolas Abraham
Hervé Morin et Nicolas Abraham, le 17 juin 2019 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)


Pour Hervé Morin, il s'agit là « d'un acte d'amour pour notre région, et un amour que nous voulons partager » : la région Normandie a souhaité s'engager aux côtés de la FALE, qui réunit une dizaine d'associations normandes, pour mettre en œuvre un plan d'action destiné à sauvegarder, valoriser et, dans l'idéal, développer le parler normand. Une protection d'« une partie du patrimoine français », pour le président de la région, « qui doit être préservée, au même titre que la biodiversité ».

La langue normande, que certains préfèrent désigner comme un parler, est une langue romane, majoritairement issue du latin. À ce titre, elle fait partie des langues d'oïl et, souligne Nicolas Abraham, a été utilisée, notamment, pour l'écriture du Roman de Renart, un ensemble de récits animaliers réunis au Moyen-Âge. Au XI et XIIe siècles, la langue normande connait un essor significatif grâce à Guillaume le Conquérant, qui en fit la langue du pouvoir.



Dans les années qui suivent, le parler normand s'entend dans le Royaume d'Angleterre, dont Guillaume le Conquérant a été couronné roi : ainsi de nombreux termes anglais contemporains trouvent leurs origines dans le parler normand, couramment parlé sur le territoire jusqu'au XIVe siècle. On trouve aussi certains termes et locutions au Québec, après les expéditions normandes vers le large. Aujourd'hui, entre 20 et 30.000 locuteurs subsisteraient, principalement en Normandie.


Protéger et valoriser, une variété d'actions pour le parler normand

Considérée comme « sérieusement en danger » par l'Unesco, le parler normand est au cœur d'un plan d'action déployé par la région. La première étape, la sauvegarde, consistera en un recensement des ouvrages sur le parler normand et la création d'une bibliothèque numérique accessible et visible auprès du grand public, destinée à réunir des ouvrages numérisés. « À la manière de la bibliothèque numérique autour du cheval, il faut quelque chose de similaire pour ceux passionnés par notre langue », souligne Hervé Morin.

Pour développer la pratique du parler normand, des temps d'échange seront organisés, pour les adultes, par l'intermédiaire de cafés normands et d'ateliers, et pour les enfants, sur le temps périscolaire. Une politique signalétique bilingue, qui concernerait les communes, mais aussi les sites institutionnels, et des actions de communication ponctuelles viendront compléter l'ensemble. Outre le parler, les jeux et sports normands seront aussi valorisés lors de ces opérations.

Une Académie du parler normand sera par ailleurs constituée, pour devenir une autorité incontestable à laquelle les participants et institutions pourront se référer. Un travail de recensement et d'expertise sera par ailleurs effectué sur les documents patrimoniaux : le parler normand comporte des variations selon les territoires, avec, par exemple, le cotentinais (le Cotentin), le brayon (pays de Bray, la Seine Maritime et l'Oise), le cauchois (le pays de Caux), le nord-cauchois, le Roumois et l’augeron (dans le pays d’Auge). Un atlas linguistique sonore devrait permettre d'écouter toutes ces nuances.
 

« L'unification des anciennes régions Basse et Haute-Normandie a aussi permis cela, des projets normands », insiste Hervé Morin, qui a pris des conseils auprès de Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse, et en Bretagne, pour tirer parti de leurs expériences en matière de protection de la langue régionale.

D'après la convention signée par la région et la FALE, la région Normandie participera au financement des actions à hauteur de 15.000 € par an, « sous réserve des crédits correspondants et de ses disponibilités budgétaires ».



Commentaires
Bonjour,

Une des auteures de notre association a publié un album pour la jeunesse et en grande partie avec des dialogues en "normand". Si cela peut intéresser cette nouvelle s structure, nous pouvons vous communiquer les coordonnées de l'auteur et les références du livre. Bel été à tous les lecteurs et lectrices ... normands ou non !
Boujou,



Nous cherchons justement à développer des livres et albums pour la jeunesse. N'hésitez pas à nous contacter par mail : langue.normande@gmail.com ou via les réseaux sociaux (@LangueNormande sur Twitter et Facebook)
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