La Pleïade, gardienne en France des Lettres, selon Chatel

Clément Solym - 15.06.2010

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - chatel - gaulle - polémique


Après le coup de grogne de Marc Levy, voici celui du ministre L'Oréal de l'Éducation nationale. En effet, le bien chevelu Éric Chatel est intervenu dans le cadre du petit débat qui oppose la fondation De Gaulle et quelques écrivains de très arrière-garde aux professeurs de lettres qui s'interrogeaient sur la pertinence des Mémoires du général au programme de littérature du lycée.

Au cours d'une visite du collège Jean Moulin à Paris, le ministre y est allé de son petit mot : « Je ne comprends pas cette polémique qui existe, assez minoritaire, je dois le dire. J'étais ravi d'entendre de grands auteurs membres de l'Académie française s'exprimer sur ce sujet, en disant que de Gaulle avait toute sa place dans le travail de nos élèves dans les disciplines littéraires. »

Il ne comprend pas. Le ministre L'Oréal parce que je le vaux bien ! Et on comprend qu'il soit perdu. D'autant mieux que ses arguments sont complètement recevables. Georges Siménon est dans la Pleïade, tout comme le général alors pourquoi s'interroger sur la pertinence de ce choix ? C'est certain : parce que l'on est publié dans la prestigieuse collection de chez Gallimard, on a forcément la porte grande ouverte sur le programme de lettres, voire même le tapis rouge. La Pleïade, c'est le garant de la bonne vie de la littérature française.

Chapeau. Si, si, chapeau le ministre. Qui rajoute à propos de son kit pédagogique concernant l'appel du 18 juin : « Les événements, les commémorations, les dates (...) c'est très important de les mettre en perspective. » Autant que de mettre en perspective les écrits de De Gaulle avec ceux d'Homère, enfin, c'est évident.

Juste pour la mémoire, et la mise en perspective, certains, comme Jean-Pierre Azéma, l'historien, estiment que l'on en fait un peu trop avec ces commémorations, largement instrumentalisée et ces textes un peu trop mis en avant. Voir dans la même veine la Lettre du Guy Môquet que Nicolas Sarkozy voulait faire lire par tous les élèves.

Pour les professeurs qui pestaient contre De Gaulle, la raison était simple : « Ce choix inapproprié, conjugué avec l'annonce de la division par deux du temps imparti à notre enseignement, est la preuve du pas supplémentaire franchi par le pouvoir dans le “refoulement du littéraire”. C'est sa suppression qui est maintenant programmée. »

Mais le mot de la fin, c'est bien à la fondation qui honore la mémoire de De Gaulle qu'il faut le laisser :
« dans un temps où l'on se plaint de la baisse du niveau de l'expression écrite, étudier le style du général de Gaulle, en observer la construction et la syntaxe, en analyser le vocabulaire, tout cela ne peut qu'aider à la formation des lycéens »
Ah, oui, c'est vrai. L'édification de l'esprit de nos jeunes têtes blondes...