La polémique sur la théorie des genres est relancée

Lauren Muyumba - 29.04.2013

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Théorie des genres - Manuels scolaires - Conseil national des programmes


Le 19 avril, l'association République et Diversité qui plaide pour une République plus juste et égalitaire, a organisé avec le Syndicat national des éditeurs un séminaire à l'Assemblée nationale. Au cœur du débat : la révision des manuels scolaires pour une meilleure représentation des femmes et de l'homosexualité. Sujet qui fait frémir L'Observatoire de la théorie des genres.

 

 

Palais Bourbon - National Assembly of France

Assemblée nationale

ell brown (CC BY 2.0)

 

 

Créé par la fédération de droite UNI (Union nationale inter-universitaire) cet Observatoire a mis en ligne une pétition exigeant la suppression de l'amendement sur « l'éducation à l'égalité de genre », adopté le 28 février 2013. À ce jour, 150 000 signatures ont été récoltées. La crainte évoquée est un « changement de civilisation » et « l'effacement de l'altérité sexuelle ».

 

Le projet de loi sur l'école sera examiné au Sénat du 21 au 24 mai 2013. Et cet été, le Conseil national des programmes définira les contenus des nouveaux manuels scolaires de 2015. La lutte contre la discrimination sera au cœur des préoccupations. Le séminaire du 19 avril intitulé « Egalité, diversité et République, de la recherche au manuel scolaire » a évoqué la volonté d'aborder davantage la question de l'orientation sexuelle.

 

Lors de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, l'amendement a été proposé par la députée PS des Hauts-de-Seine, Julie Sommaruga dans ces termes : « [L]es différences entre les hommes et les femmes ne sont pas fondées sur la nature, mais sont historiquement construites et socialement reproduites ». Ces propos ont fait naître l'inquiétude au sein de l'UNI.

 

Comme le décrit ActuaLitté en date du mois d'août 2011, la théorie des genres signifie que « c'est la culture, et non l'innée, qui serait créateur d'identité et créateur du système de genre ». La différence entre l'« identité sexuelle » et l'« orientation sexuelle » avait été introduite au sein des nouveaux manuels de SVT au lycée. À l'époque, 80 députés UMP étaient contre l'ancien ministre de l'Éducation Luc Chatel à ce sujet.

 

L'idée « d'une éducation à l'égalité de genre » ne devrait pas modifier radicalement l'enseignement scolaire. Le terme apparaît au milieu de l'article 31 entre « l'usage autonome et responsable des médias, notamment numériques » et « l'apprentissage des valeurs et symboles de la République ». Il est d'ailleurs précisé que l'école a un rôle d'éducation morale et civique « conjointement avec la famille ».

 

Invité, dimanche 28 avril, du "Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro," le ministre de l'Éducation Vincent Peillon s'est surtout exprimé sur la question de la morale laïque à l'école (qui fait l'objet d'un autre débat). La théorie du genre n'a pas l'air d'être le sujet central des réformes scolaires. D'autant plus que le libre arbitre des enseignants dans le choix des manuels évince l'argument d'un lobbying.

 

Sylvie Marcé, présidente du groupe éducation du Syndicat des éditeurs a déclaré : « Nous ne sommes pas sous l'influence de lobbys ». L'adjoint au secrétaire général de l'enseignement catholique Claude Berruer se veut aussi rassurant en rappelant que « [l]es manuels scolaires, ce n'est pas la Bible ». Les professeurs peuvent se détacher des livres en apportant leur propre pédagogie. Pas de quoi mettre de l'huile sur le feu.