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La pornographie du temps de l'Égypte Antique

Louis Mallié - 11.07.2014

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Parchemin érotique de Turin - Égyptologie - Pornographie


Nous connaissons tous le vieux proverbe qui veut que chaque génération croit réinventer le sexe… Le papyrus érotique de Turin, constitue une bonne illustration du propos, montrant que la pornographie n'est pas une invention de l'Occident moderne. En effet, le document antique propose une douzaine de positions sexuelles différentes… toutes vieilles de 3200 ans.

 

 

 

 

Le parchemin avait été découvert début du XIXe siècle à Deir el-Medineh, à proximité de la vallée des reines, et est aujourd'hui conservé au musée de Turin. Malheureusement, il est aujourd'hui dans un état de dégradation avancée qui en empêche quasiment toute lecture...  Pour autant, il en existe de nombreuses reproductions d'artistes faites au XIXe siècle, dont celles dessinées par l'archéologue italien Ippolito Rossellini.

 

Long de 3,20 mètres et large de 21,5 cm, il est donc divisé en deux parties et si la première, longue de 85 cm est satyrique et composée d'animaux, la seconde propose bien 1,74 mètre d'images pornographiques.

 

On y retrouve ainsi nombre de couples dans des positions pour le moins éloquentes - tout autant que symboliques. Autour d'eux, on observe de nombreux éléments reliant le coït à la fête : instruments de musiques (sistre, luth, lyre) ou encore plus directement bière et vin. 

 

 Reproduction d'artiste du parchemin, tirées de Kemit.Perso

 

 

Pour l'égyptologue Caroline Seawright, il s'agit là « des images les plus choquantes de l'antiquité  », prouvant également que la sexualité égyptienne était bien loin d'être aussi « coincée et refoulée » qu'on

le suggérait traditionnellement. 

 

Quoi qu'il en soit, le papyrus fut longtemps gardé caché (il ne fut rendu public que dans les années 70), et ... mal vu. Ainsi Champollion, dans une lettre à son frère en 1824, écrivait-il  « Ici un morceau du rituel funéraire... et là des débris de peintures d'une obscénité monstrueuse et qui me donnent une bien singulière idée de la gravité et de la sagesse égyptienne... »

 

{CARROUSEL}