La Quadrature du Net entend travailler de concert avec les archivistes

Antoine Oury - 12.04.2013

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - La Quadrature du Net - données personnelles - Association des Archivistes Français


Enthousiaste au point de dégainer un droit de réponse suite à un article publié hier, l'Association des Archivistes de France entend bien fédérer autour de sa pétition un maximum d'acteurs, pour éviter qu'un règlement européen jugé dangereux pour la mémoire et la recherche ne voie le jour. Contacté par ActuaLitté, Jérémie Zimmermann, de La Quadrature du Net, précise la position de l'organisation vis-à-vis de cette pétition.

 

 

Personal Data.

highwaycharlie, CC BY-ND 2.0

 

 

Jérémie Zimmermann le souligne d'entrée : « La Quadrature du Net n'a pas de malaise avec la pétition. » Cette pétition, déposée par l'Association des Archivistes de France et intitulée « Citoyens contre le projet de règlement européen sur les données personnelles #EUdataP » s'inquiète des mesures avancées par le règlement européen, qui pourraient gêner les archivistes, chercheurs et autres scientifiques dans leur travail, en contraignant singulièrement les modalités de leurs métiers.

 

« Mais les archivistes sont moins habitués que nous sur processus législatif européen. On ne peut avoir aucune idée sur ce règlement, pas avant le vote du 29 mai », poursuit Jérémie Zimmermann. D'après le cofondateur de La Quadrature, le premier texte était ainsi très protecteur des données personnelles du citoyen contre les exploitations que peuvent en faire les banques, les assurances ou les géants du Web, tandis que la version actuelle est bien moins satisfaisante. « Et, d'ici le vote, il se peut tout à fait que la tendance s'inverse à nouveau. »

 

Bien entendu, les préoccupations des archivistes et autres métiers de la mémoire ne lui sont pas étrangères : « La question du droit à l'oubli les gène, à juste titre : le texte ajouterait en effet au droit qui existe déjà de retirer des informations personnelles dans des bases privées celui de retirer ces mêmes informations des bases publiques. Cela mènerait par ailleurs à une censure dangereuse, notamment dans le cas où des politiques sont impliqués. »

 

Et sur ce point, La Quadrature est « tout à fait en ligne avec les archivistes ». « Au lieu de dire "on est contre", il faut une mobilisation autour d'une pétition pour le respect des données personnelles. On ne peut pas s'opposer au texte avant qu'il soit finalisé, mais sommes ravis de discuter avec eux sur ces questions », termine Jérémie Zimmermann.