La science-fiction pour en finir avec l'abandon des études ?

Clément Solym - 05.08.2009

Patrimoine et éducation - A l'international - science - fiction - finir


La 67e édition du congrès mondial de science-fiction se tiendra à partir de demain, jeudi 6 août, pour la première fois de son histoire dans une ville francophone. Et cette ville sera Montréal au Québec.

Un public nombreux est attendu et des professionnels de la littérature, de la BD, des arts graphiques, du cinéma, et des costumes seront présents. Ils débattront de plusieurs thèmes comme le relativisme, les changements climatiques, la ville, etc.

Un thème en particulier sera largement évoqué, et ce n'est peut-être pas un hasard que cela se passe au Québec : il s'agira de la place de la science-fiction dans l'enseignement. En effet, pour beaucoup la littérature de science-fiction pourrait être un remède au décrochage scolaire, un fléau qui touche durement le Québec.

La science-fiction une ouverture sur la littérature à l'école ?

Élisabeth Vonarburg contactée par Le Devoir déclare : « La science-fiction, c'est un outil pédagogique d'une incroyable efficacité » et elle détaille « C'est un genre qui permet d'éveiller les jeunes esprits au monde qui les entoure sans les placer dans leur ici maintenant, et qui offre également la possibilité de les sensibiliser à la science, à la littérature, à la logique, à l'éthique, à la sociologie, tout en les entraînant à utiliser leur imagination pour voir les choses autrement ».

Elle affirme aussi : « La profondeur et la largeur de ce champ littéraire ont tout pour sortir les étudiants des ornières habituelles. Il peut être formateur, mais aussi libérateur. C'est important ».

Avec cependant une nuance « Il faut le reconnaître, c'est un style en marge, qui est également condamné à le rester. La science-fiction amène, à travers des déguisements et des chemins détournés, à penser et à réfléchir sur des problèmes très contemporains. Et ça, ça prend une tournure d'esprit particulière pour l'apprécier ».

Bienfaits et préjugés


Jean Pettigrew, qui est éditeur chez A Lire participera lors de ce congrès à une table ronde portant sur « la plus grande place qui pourrait être attribuée à la science-fiction dans les écoles au Québec ». Il affirme que « la science-fiction, c'est une littérature d'idées ». Pour lui, « dans les écoles, on a de la difficulté à faire lire les garçons. Or, ce genre littéraire en est un de vraisemblance, mais aussi d'anticipation et de raisonnement, qui va plus facilement toucher cette clientèle. L'exploration des idées intéresse les garçons, et quand, en plus, ça se passe dans l'espace, c'est encore mieux ».

Pour autant, la littérature de science-fiction se heurte toujours à des préjugés dans la communauté enseignante. Le genre est considéré comme populaire (au sens péjoratif du terme) et parfois un peu léger (probablement du fait de certaines séries télévisées et/ou films).

Les débats qui se tiendront donc au Palais des Congrès à Montréal à partir de demain et durant cinq jours promettent d'être très enrichissants.