La ville de Londres refuse de rendre hommage à Stefan Zweig

Clément Solym - 06.08.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Stefan Zweig - Londres - English Heritage


L'organisation responsable de la conservation et de la promotion du patrimoine britannique, l'English Heritage, vient de rendre un rapport qui aboutit au refus d'apposer une plaque commémorative au nom de Stefan Zweig , qui vécut 5 ans à Londres, sur un immeuble de la capitale. Cette décision a soulevé force critiques et oppositions, mais il faudra patienter une nouvelle décennie avant que le nom de l'auteur du Joueur d'échec ait à nouveau sa chance de figurer dans les rues de Londres.


Charles Dickens

Charles Dickens a la sienne (auteur : liits)


« Le Programme English Heritage des plaques commémoratives vise à célébrer tous les domaines de l'activité humaine, mais dispose de ressources limitées. Étant donné que les auteurs du XXe siècle sont déjà très représentés, la commission a décidé que le profil de Zweig - lequel n'a jamais été autant admiré, en Grande-Bretagne comme ailleurs - et ses connections avec la ville de Londres sont trop lâches pour être commémorés aujourd'hui. » C'est ainsi que l'English Heritage a douché les espoirs de centaines d'admirateurs, parmi lesquels, d'après The Guardian, William Boyd. 

 

Ils ne demandaient pourtant pas grand-chose, une simple petite plaque bleue, similaire à celles qui émaillent déjà Londres, en la mémoire de Stefan Zweig : pour le professeur Rüdiger Görner, l'English Heritage néglige un auteur incontournable. « Il a vécu pendant très longtemps au Royaume-Uni, explique-t-il. Je pense qu'il est important de le souligner, de bien faire comprendre au public qu'il a vécu ici. [...] Après tout, il était l'un des auteurs les plus vendeurs de son temps, il était envié par Thomas Mann pour sa popularité, et les livres qu'il vendait. »

 

L'historienne et auteure Antonia Fraser était au nombre des partisans d'un hommage à Zweig, « un honneur pour Londres et une partie de notre héritage dans cette plaque ». L'homme a résidé pendant 5 ans à Londres, dans Hallam Street. Malgré les déceptions, l'English Heritage a été très strict : « Nous ne reconsidérons pas nos décisions sous la pression du public : si nous le faisions, il y aurait des plaques pour tout le monde. »

 

Et rien de pire qu'une initiative qui tombe à plaques...