Lautréamont, Les Chants de Maldoror, Chant IV

Clément Solym - 23.02.2009

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - Lautréamont - Chants - Maldoror


Voici une semaine placée sous le signe de la poésie. Toutefois, je vais vous proposer de redécouvrir des textes que l’on ne lit pas forcément tous les jours, à commencer par ceux de Lautréamont (Isidore Ducasse, 1846-1870). Au Chant IV de ses Chants de Maldoror, le poète fait l’autoportrait d’un damné…

Epopée, roman, poète en prose, parodie et pastiche de tout cela à la fois, Les Chants de Maldoror sont une des œuvres les plus extraordinaires et les plus mystérieuses de la littérature du XIX° siècle. Dans la lignée des grands héros romantiques damnés et maudits, Maldoror, « ange déchu » et double de Lautréamont-Ducasse, son créateur, traverse l’œuvre avec une étrange et douloureuse violence à l’endroit des autres et de lui-même.

Tenaillé, comme Baudelaire, par la nostalgie de la pureté et de l’infini, il ne cesse d’éprouver la cruauté de sa condition, condamné au mal commis ou subi. Au Chant IV, dans un fameux autoportrait, le héros décomposé, déshumanisé en d’innombrables figures bestiales, nous donne à lire son corps comme la métaphore infernale de ce mal secret qui le ronge.