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Le célèbre poème épique Beowulf serait en réalité scandinave

Camille Cado - 31.01.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - Beowulf secret auteur - Beowulf théorie spécialiste - Bo Gräslund Beowulf


La postérité d’un texte aussi célèbre et mystérieux que Beowulf induit souvent quelques secrets. Ce long poème de 3182 vers qui chante les hauts faits du guerrier scandinave nommé Beowulf a jusqu’ici été considéré comme le premier poème narratif en langue anglaise datant des environs de l’an mille. Des théories historico-littéraires admises qu’un universitaire tend à remettre en cause. 

Manuscrit de Beowulf à la British Library -  domaine public


En avril dernier, le mystère autour de l’auteur du poème avait déjà refait surface. Œuvre collective ou manuscrit d’une seule plume ? Une étude publiée dans la revue Nature human Behavior avait tranché pour la deuxième option. Les chercheurs affirmaient « avoir les preuves de l’unité du poème ».

Bo Gräslund, professeur émérite d’archéologie à l’Université d’Uppsala (Suède) aujourd’hui à la retraite, a récemment remis en question de nombreuses théories qui étaient alors admises comme officielles. Après avoir passé 8 ans à étudier Beowulf, il est convaincu que le célèbre poème est une œuvre suédoise, datant d’une époque bien antérieure que celle qu’on lui a assignée.

Si l’universitaire ne considère pas le poème comme historique, il affirme en revanche que ses nombreux vers reprendraient des évènements qui se sont déroulés à Gotland, une île de Suède située en mer Baltique. Le poème offrirait ainsi des connaissances précieuses sur l’histoire des pays scandinaves. 

Pour rappel, ce texte raconte la lutte de Beowulf contre l’armée suédoise qui commence à se propager dans la région de la mer Baltique dans les années 500. Bo Gräslund s’appuie notamment sur la présence des trois héros légendaires scandinaves, Hrothgar, Hrothulf et Ohthere qui seraient alors inspirés de personnalités réelles.

En plus de ces éléments, le spécialiste suédois affirme que le texte décrit de façon minutieuse et à plusieurs reprises le rituel des funérailles comme le pratiquaient les premiers royaumes scandinaves. À savoir, la crémation. 

D’après d’autres arguments avancés par Bo Gräslund, et détaillés plus longuement dans son ouvrage Beowulfkvädet (titre non traduit), le poème aurait été composé avant même que les habitants des pays nordiques n’utilisent l’écriture. Cette épopée relèverait donc de la littérature orale. Elle aurait été transposée à l’écrit par la suite (vers l’an 600) dans un monastère en Angleterre, signe de sa forte popularité.
 

Si la façon dont le poème aurait atteint l’outre-Manche reste pour le moment inconnue, le professeur âgé de 85 ans a une hypothèse. L’histoire aurait été transmise aux Britanniques après un mariage entre un roi d’Angleterre et une princesse suédoise. 

Ces arguments se heurtent tout de même à quelques réticences. Si Rachel Burns, professeure à l’université d’Oxford reconnait que de nombreux éléments racontés par le poème peuvent être basés sur des légendes orales de pays nordiques, elle affirme être certaine que le récit original reste celui d’un anglais. 


via SVT Nyheter



Commentaires
effectivement très intéressant ! A creuser !
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