Le collège musulman d'Aubervilliers victime d'un traitement anormal

Clément Solym - 12.12.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - collège - musulman - Aubervilliers


Alors qu'à Lille, l'État avait signé un accord avec le lycée musulman Averroes accueillant 90 élèves, suivant les principes qui lient les établissements privés catholiques au ministère, le maire d'Aubervilliers s'agace.

Pourquoi le collège-lycée de sa ville ne parvient-il pas à s'entendre avec les institutions pour obtenir son contrat d'association ? Réussite, de son nom, a ouvert en 2001 et ses responsables ont été invités à la mairie pour plaider leur cause auprès de Jacques Salvator, maire PS. Selon lui, c'est une évidence, « pour les écoles confessionnelles catholiques c'est plus simple ».

Car ce n'est qu'en 2008 que le lieu a été admis par le rectorat, quand il escomptait percevoir une aide au financement pour 2006. D'autant que seul le lycée dispose pour l'heure d'une immatriculation. Pour le député Daniel Goldberg, PS également, la « situation me paraît relever d'un traitement anormal ». D'autant plus étrange que l'on demande à l'établissement de reprendre cinq années de probation, ce qui n'est, aux yeux du député, « pas sérieux ».

Sans l'obtention de cet argent, qui, pour le maire, implique une condamnation « à mort financièrement », le collège-lycée ne s'en relèvera pas : en 2006, sa dette se chiffrait à 360.000 €. « J'ai l'impression d'une iniquité », commente ainsi le maire. Après la fermeture des deux classes de 1er et terminales, reste que les responsables sont dans le flou : « On a toujours pas bien compris ce qui manque dans le dossier. »

L'inscription se monte à 3000 € l'année, faute de mieux. Le rectorat n'a pas su nous fournir d'explication sur cette situation.