Le Conseil scientifique de la BnF s'inquiète de la privatisation de la culture

Antoine Oury - 24.01.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Conseil scientifique - Bibliothèque nationale de France - numérisation


Les élus du personnel au Conseil scientifique et au Conseil d'administration de la BnF, signataires de la liste Fédération Syndical Unitaire (FSU) ou non-syndiqués, s'alarment à leur tour de la signature d'accords de numérisation avec les sociétés ProQuest et Believe. Selon des conditions soumises au « mercantilisme », ce qui n'est évidemment pas la finalité d'une bibliothèque.

 


BNF

BigPilou, CC BY-NC-ND 2.0

 

 

Sur le blog Sursaut BnF, les membres du Conseil scientifique de la BnF, dont le pouvoir est uniquement consultatif, rappellent qu'ils étaient opposés dès 2009 à une numérisation du patrimoine assujettie au « Grand Emprunt », qui implique en arrière-plan l'idée d'un remboursement selon des termes précis, et donc d'une rentabilité nécessaire.

 

« Les débats ont été vifs entre la direction de la BnF et les autres membres du Conseil scientifique, les élus du personnel en tête – mais aussi certains universitaires dont Roger Chartier, président du Conseil scientifique –  refusant de voir aliénées des missions de service public à des intérêts privés qui ne sont pas ceux de nos usagers » peut-on lire sur le site. 

 

Le Conseil scientifique apporte son soutien à toutes les initiatives contre le projet de la Bibliothèque nationale de France, et s'inquiète du fait qu'une lettre envoyée à Aurélie Filippetti en septembre 2012, puis à nouveau en octobre 2012 pour l'alerter sur les conditions de numérisation soit restée sans réponse.

 

Il faut saluer une certaine constance : ce matin, lors des voeux à la presse, les questions à la ministre étaient redoutablement proscrites, bien que l'on nous ait assuré qu'une réponse parviendrait prochainement. Chose que l'on attend déjà depuis deux semaines...