Le droit de la famille de Federico Garcia Lorca à ne pas soutenir les fouilles

Cécile Mazin - 28.09.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Federico Garcia Lorca - fouilles corps ossements - Espagne histoire Franco


Une équipe de chercheurs travaille actuellement autour d’Alfacar (province de Grenade), pour mettre la main sur les restes du poète Federico Garcia Lorca. C’est dans un charnier qu’ils espèrent trouver enfin les ossements du dramaturge. Mais la famille, elle...

 

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PROmertxe iturrioz, CC BY SA 2.0

 

 

Laura Garcia Lorca, nièce du poète, et présidente de la Fondation qui lui est consacrée, est intervenue récemment. Il fallait rappeler en effet que la famille n’a jamais entravé les recherches effectuées. Victime de la guerre civile et du franquisme, Federico Garcia Lorca fait actuellement l’objet d’une enquête diligentée depuis l’Argentine, et portée par la juge Maria Servini de Cubria.

 

Or, si la famille ne s’est pas opposée aux exhumations pratiquées dans des fosses communes, elle insiste sur le respect de son droit à ne pas chercher. « Nous défendons ce droit, car il nous semble essentiel que l’on veuille savoir ce qu’il est advenu de la famille, mais nous ne forçons pas les recherches, personne n’a le droit de nous le demander », souligne la nièce.

 

« Nous ne souhaitons pas gêner les chercheurs, mais ils ne peuvent pas nous contraindre », insiste Laura Garcia Lorca. 

 

Des fouilles motivées par des approches douteuses

 

D’ailleurs, les théories de l’historien Miguel Caballero, qui ont motivé la reprise des fouilles ne lui semble pas si fondées. La théorie déployée pour expliquer l’assassinat réduirait un acte criminel « à une question de querelles familiales ou une question de propriétés ». Voilà qui relève d’une « trivialisation très grave », poursuit-elle. Dénuée de sens ou de fondements, cette théorie sèmerait le trouble dans l’esprit de chacun. 

 

Dans le même temps l’archéologue Javier Navarro Chueca tient à relativiser : si la position de la famille Lorca est respectable, celle des autres familles dont les membres durent victimes de cette époque ne l’est pas moins. En effet, les scientifiques qui supervisent les fouilles à Alfacar mettront à jour des corps que l’on tentera par la suite d’identifier. 

 

Débutées ce 27 septembre, les fouilles devraient aboutir à la découverte d’autres corps, à proximité de celui de Federico Garcia Lorca. Ce sont du moins les espoirs entretenus.

 

La recherche des ossements du poète a débuté voilà de longues années. La famille s’était tout d’abord obstinément opposée à ce que l’on tente de déterrer les restes. Mais l’une des descendantes, sa petite-nièce, a mené un rude combat pour obtenir cette autorisation. La famille a fini par céder à la demande, tout en exigeant que cela s’effectue dans le respect des lieux. 

 

Le poète espagnol Federico García Lorca fut fusillé par des franquistes le 19 août 1936 à Víznar (Andalousie). À ses côtés, deux anarchistes et un maître d'école furent également exécutés. Le gouvernement régional d'Andalousie a fini par ordonner l'ouverture de la fosse commune qui est censée contenir, entre autres, le corps du poète.