Le français au Nouveau-Brunswick

Clément Solym - 21.03.2008

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Nouveau - Brunswick - Canada


Le Nouveau-Brunswick est une province du Canada officiellement bilingue depuis l'année 1969 soit presque quarante ans. En effet c'est depuis les années 60 que les Acadiens du Nouveau-Brunswick, qui en avaient été chassés par les Anglais en 1755, commencèrent à demander le droit d'avoir des services dans leur langue, le français, au gouvernement de cette province.

La loi de 1969 connut des aménagements en 2002. Et en 2003 un Comissariat aux langues Officielles avait été créé, dans le but d'assurer la promotion du bilinguisme et de recevoir les plaintes de non-respect de cette loi.

Trente-neuf ans après celle-ci qu'en est-il vraiment
dans le Nouveau-Brunswick au sujet du bilinguisme ?


On note une légère baisse du nombre de francophones, 1,6 pour cent en moins en 2006 par rapport à 2001. Les francophones qui habitaient plutôt à la campagne sont attirés par la ville. Un milieu où l'assimilation à la langue majoritaire (l'anglais) se ferait plus facilement. La présidente de la société des Acadiennes et des Acadiens du Nouveau-Brunswick, Marie-Pierre Simard, indique qu'« il semble y avoir une plus grande acceptation de la communauté francophone par les anglophones. On est moins traités comme des citoyens de seconde zone ». Elle reste cependant préoccupée par le risque de plus en plus grand d'assimilation.

« Un combat de tous les jours » ?

D'autre part, la porte-parole du Commissaire aux langues Officielles, Giselle Goguen, affirme avoir reçu quelque 119 plaintes dont 77 ont été jugées recevables. La grande majorité concernait des services non proposés en français (dans le secteur de la santé notamment).

Sans compter que la culture francophone (qu'elle soit québécoise ou française) n'est que très peu distribuée. Un bilinguisme donc plutôt relatif qui fait échos aux craintes des Québécois. Il « reste encore beaucoup de travail à faire » selon Michel Doucet, professeur de droit à l'université de Moncton et spécialiste en la matière. Il estime que « C'est un combat de tous les jours, un combat politique car c'est un choix politique de s'affirmer tous les jours en tant que francophone »