Le français boudé au Québec ?

Clément Solym - 06.07.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - UNEQ - Abdou Diouf - Danièle Simpson


Lors du Forum mondial sur la langue française tenu du 2 au 6 juillet derniers, l'Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) a réaffirmé la nécessité d'une procédure de renforcement de la langue française.

 

 

 

 

« Il est du devoir du gouvernement québécois d'affirmer par des moyens concrets que le français est notre langue officielle et de mettre tout en œuvre pour la sauvegarder. » L'idée de devoir faire la promotion d'une langue vivante peut sembler étrange, mais pour la présidente de l'UNEQ, Danièle Simpson, il faut transformer une conception trop utilitariste de la langue, pour favoriser son rôle socio-culturel et communautaire.

 

Comment est reçue l'idée d'une promotion du français au Québec ? Il faut d'abord observer les chiffres qui ont attiré l'attention de l'UNEQ. En effet, une étude a récemment montré un recul inquiétant pour la langue officielle « En 2012, l'accueil se fait en français seulement dans 74 % des commerces du centre-ville de Montréal, comparativement à 89 % en 2010 ». 

 

Un communiqué de presse nous apprend alors que l'UNEQ créée en 1977 et portée par la voix de 1400 écrivains, invitait le gouvernement québécois à rester vigilant lors de l'allocution d'ouverture du Forum, déclamée par Abdou Diouf, secrétaire général de  l'organisation internationale de la francophonie (OIF).

 

Il serait enfin judicieux que des mesures soient prises dans le domaine éducatif, puisque la présidente relève une présence « anémique » de la littérature française à tous les niveaux de l'enseignement, quand l'anglais est intensivement enseigné en primaire, l'accès continu au cours de francisation à temps partiel pour les nouveaux immigrants est désormais fermé, faute de soutien.

 

Mais l'UNEQ n'en est pas à sa première protestation, l'union dénonçait déjà en mai dernier une anglicisation abusive du Québec, inhérente au gouvernement du premier ministre, Jean Charest, dont le discours a été interrompu par un manifestant qui invectivait ses membres « Dehors Harper, dehors Charest ! Citoyens, levez-vous, on a besoin de vous ! ».

 

Un forum mondial sur la langue française qui se distingue alors du Sommet de la Francophonie en n'invitant pas exclusivement les chefs d'État, mais également les représentants de la société civile, Bertrand Delanoë était également convié.