Le français dans le monde : du bon et du moins bon

Clément Solym - 23.10.2010

Patrimoine et éducation - Scolarité France - francophonie - planete - monde


L'emploi de la langue française se porte bien, merci pour elle, comme en atteste le rapport remis au Parlement, à la veille du XIIIe sommet de la francophonie à Montreux.

La Délégation générale à la langue française et aux langues de France (ministère de la Culture et de la Communication), fait en effet état d'une situation favorable, tant économiquement, socialement que culturellement pour la francophonie. En effet, le rapport montre que sur plusieurs points cette dernière mène plutôt bon train.

Cependant, si les motifs de satisfaction sont nombreux, « dus à la vigilance exercée par l'administration sur le respect de la loi du 4 août 1994 (12,4 % d'infractions, pour l'essentiel de faible gravité, dans le domaine de la consommation, 4 % de publicités ne respectant par les dispositions légales) », quelques points noirs apparaissent. Et d'autant plus noirs qu'ils sont cruciaux, estime le rapport. Les voici dans le détail :
  • les entreprises où, malgré une jurisprudence récente qui conforte le droit des salariés à travailler dans leur langue, une forte pression s'exerce pour y accroître l'usage de l'anglais : la mise en place de stratégies linguistiques conciliant le respect du droit au français et la nécessité de renforcer les compétences en langues des salariés constitue une voie prometteuse dans laquelle s'engagent un certain nombre d'entreprises ;
  • la recherche scientifique, où des politiques de traduction et d'interprétation sont à même de faciliter l'expression d'une pensée en français, notamment dans les sciences humaines et sociales, et d'en assurer la diffusion dans la communauté scientifique mondiale
  • l'enseignement supérieur, pour lequel l'emploi du français, avec les souplesses que permet déjà notre cadre légal, constitue pour de nombreux étudiants étrangers un puissant facteur d'attractivité ;
  • l'internet, avec la montée en puissance de l'internet mobile et le développement des réseaux sociaux : la généralisation des normes d'encodage des caractères les plus récents et la réalisation d'une norme technique pour les claviers français sont des actions d'urgence à conduire pour que le français conserve sa place sur la Toile.
En outre, on dénombre 9,5 % de jeunes ayant des difficultés de lecture pour la métropole, soit une légère baisse, outre-mer, n'en déplaise au ministre de la Culture qui souhaite apporter une particulière attention à ces territoires, le chiffre est de 34,9 %. Cette importante hausse va nécessite de « renforcer la politique interministérielle de lutte contre l'illettrisme », pour jeunes et adultes.

Les politiques publiques sur la langue, conformément à ce qui a résulté des États généraux d'outre-mer, vont devoir oeuvrer de leur mieux pour « la valorisation du patrimoine linguistique régional et l'apprentissage du français » qui « constituent les deux piliers » de ses projets.

Enfin, notons que la langue française connaît également un certain déclin « au sein des institutions européennes », avec une chute sous la barre de 10 %, à 8,32 % précisément de la langue source des documents traduits.

Reste alors la situation au Maghreb pour se donner du baume à l'ouvrage, qui atteste pour le français d'une vitalité faisant plaisir à voir.