Le français, langue la plus parlée du monde en 2050 ?

Louis Mallié - 26.03.2014

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Le magazine américain Forbes rend compte d'une étude de la banque d'épargne Natixis qui rapporte cette donnée surprenante : d'ici 2050 le français pourrait bien être parlé par 750 millions de personnes - plus que le mandarin ou l'anglais. Sur les 10 milliards d'êtres humains prévus à cette date, cela représenterait en effet une belle part…

 

 

 

Source : Organisation internationale de la francophonie

 

L'étude a été réalisée par la banque d'épargne Natixis. Profitant notamment du boom démographique à venir dans les régions subsahariennes, le français devrait ainsi se hisser à la première place. Pour autant, l'étude menée par Natixis est quelque peu bancale. 

 

En effet, elle se base sur la totalité des populations des pays subsahariens dans lesquels le français est langue officielle. Or, dans de nombreux pays, le français n'est pas parlé couramment par certaines couches de la population. Le chiffre véritable serait donc inférieur... L'étude est toutefois l'occasion de rappeler que contrairement à ce qu'affirme Forbes, le français est loin d'être principalement parlé uniquement en France. 

 

L'Afrique subsaharienne totalise à elle seule 79,1 millions de francophones, tandis que les pays du Maghreb et le Moyen-Orient en comptent 33,6 millions. Le français est ainsi langue administrative du Maroc, seconde langue de la Tunisie et de la Mauritanie, tout autant que la langue officielle du Mali, du Gabon ou du Bénin - et d'encore tant d'autres. Ce qui fait des pays africains le lieu ou le français est le plus pratiqué, puisqu'il ne l'est « que » par 87,5 millions de personnes en Europe…

 

Quand bien même l'étude surestime l'effet de la transition démographique à venir de certains pays africains, le français sera toujours bien établi sur tous les continents en 2050, et particulièrement dans des pays qui pourraient connaître une forte croissance économique dans les prochaines années à venir.

 

De quoi rassurer ceux qui s'inquiétaient du déclin de la langue; quant à la littérature, si on se tient à Ahmadou Kourouma - un illustre francophone - qui considérait l'écriture comme moyen de se « faire une chambre dans la grande maison qu'est la langue de Molière », elle devrait s'en trouver plus qu'enrichie.