François Hollande : contenus numériques et tablettes pour les élèves

Nicolas Gary - 03.09.2014

Patrimoine et éducation - Scolarité France - François Hollande - Najat Vallaud-Belkacem - éducation numérique


Rentrée scolaire oblige, l'actualité est focalisée sur les conditions dans lesquelles les élèves vont suivre leur année. Entre les rythmes scolaires réformés et les achats de fournitures, en dernière minute, le président François Hollande et la ministre de l'Éducation, Najat Vallaud-Belkacem, se sont rendus dans un collège de Seine-Saint-Denis. Une sorte d'inauguration pour l'établissement Louise Michel de Clichy-sous-Bois. 

 

 

 

 

 

Faut-il y voir la continuité des dernières déclarations, visant à instaurer des cours de code informatique dans les écoles ? C'est ce qu'a indiqué, en partie, le président, en évoquant, pour les élèves, une formation au code, qui interviendra « sur le temps périscolaire, dans un premier temps ». 

 

Toujours est-il que le président de la République a de grands projets. Il a, pour l'occasion, parlé d'« un grand plan numérique pour l'école de la République », où l'État et les collectivités seront conjointement engagés. Cela passera par une formation des enseignants, du côté de l'État, « pour assurer partout l'arrivée du très haut débit et aussi pour que les éditeurs de livres puissent également mettre les contenus sous forme numérique de manière à ce que chacun puisse y accéder ».

 

Est-ce à dire que l'on s'inscrit dans la continuité du plan E-éducation, que l'on avait découvert en juillet dernier – porté par le ministère de l'Économie, du Redressement productif et du Numérique ? Ce dernier envisageait, entre autres choses, de parvenir à un taux d'équipements de 70 % pour les élèves de primaire et collège, d'ici à l'année 2020. Il évoquait également la production de ressources numériques, avec plus de 60 % d'outils issus du budget dédié aux modèles pédagogiques. Et le tout avec une connectivité plus importante des établissements en haut débit. Selon la ministre, 9000 établissements seront ainsi connectés cette année. 

 

Dans tous les cas, le président a affirmé que le plan numérique pour l'école était en cours, et que les différents ministres concernés seront mis à contribution. « Les modalités financières et opérationnelles seront précisées d'ici à une quinzaine de jours », précise-t-on. Et de réaffirmer ses intentions tournées vers la jeunesse et les moyens à lui donner pour lui assurer toute la réussite possible.

 

 

 

 

Reste que ce grand plan, comme nous l'évoquions hier, n'est pas spécialement ce qu'attendaient les éditeurs de manuels scolaires. Alors que la réforme des programmes a été retardée d'une bonne année, voire potentiellement de deux ans, les maisons d'édition se retrouvent devant un grand vide – et dans une situation financière parfois périlleuse. Et qu'apporter des contenus dématérialisés, sur des tablettes, ne règle pas vraiment la question des programmes, un impératif républicain de l'école. 

 

Programmes scolaires ? Des retards : Najat Vallaud-Belkacem a assuré que, « dès septembre, les contenus d'enseignement sont recentrés à l'école élémentaire pour garantir l'acquisition des connaissances et des compétences avec une progression plus cohérente et plus adaptée aux apprentissages. Les premières semaines de l'année scolaire sont dédiées à la consultation des enseignants sur le socle commun de connaissances, de compétences et de culture et le nouveau programme de la maternelle ». 

 

Rendez-vous en 2016 pour la mise en place

 

« Pour avoir des tablettes, pour avoir des contenus, pour avoir des enseignements qui soient valorisés par le numérique et par l'informatique. Non pas pour que les enseignants ne fassent pas cours, ils font cours, mais avec cet outil-là. Ce n'est pas pour jouer, parfois il peut y avoir cette tentation, même si l'on peut aussi avoir du bonheur en apprenant et c'est le rôle du numérique », déclarait le président, manifestement conscient du problème.

 

À cette heure, tout ce qu'a avancé le président, c'est une solution, assez dématérialisée elle-même. S'il sera possible de s'appuyer sur des expérimentations déjà en cours, de manuels numériques, autant que sur les projets portés par plusieurs groupes éditoriaux, c'est un certain flou que jette cette annonce. 

 

Pour les 12 millions d'élèves qui regagnent les salles de classe actuellement, cela ne change pas grand-chose, d'autant plus que le plan n'interviendrait qu'en 2016. La formation au code devait, selon les déclarations de Benoît Hamon, alors ministre dans le gouvernement Valls 1, intervenir pour le mois de septembre, avec la création de postes spécifiques.