Le livre d'Exeter, des poèmes du Xe siècle au Registre de la Mémoire du monde

Cécile Mazin - 23.06.2016

Patrimoine et éducation - Patrimoine - livre poèmes UNESCO - Livre Exeter UNESCO - registre mémoire monde


Le livre d’Exeter, connu également sous le nom de Codex Exoniensis, fut rédigé durant la seconde moitié du Xe siècle. Il s’agit d’un ouvrage essentiel dans la littérature des Anglo-Saxons, en ce qu’il évoque de nombreux sujets, en vers. On en a d'ailleurs volontiers fait l’un des ouvrages fondateurs dans la littérature britannique. Et l’UNESCO vient de l’ajouter au Registre de la Mémoire du Monde. 

 

Le livre d'Exeter

 

 

Tout ça pour une bête anthologie de poèmes, dont on ne sait presque rien, quant à la création, rédigée en vieil anglais, et dont les huit premières pages sur 131 sont perdues, vraisemblablement à jamais ? Sauf que le livre d’Exeter est connu de tous les auteurs britanniques avec un peu de lettres, et JRR Tolkien en personne ne manquait pas de s’y référer...

 

Actuellement conservé dans la Cathédral d’Exeter, ce livre est l’un des quatre ouvrages ayant survécu aux affres du temps, et la folie des hommes. Écrit autour de 970, il est possiblement le plus ancien dans son genre. Avec une quarantaine de poèmes de longueurs et de genres différents, ainsi qu’une centaine d’énigmes poétiques, dont les survivances attestent de ce que pouvait être l’anglais ancien, le Codex est une perle rare.

 

« Le livre d’Exeter a été et continue d’être une source d’inspiration, pour les savants, les musiciens et autres poètes », explique l’UNESCO. Cette langue vernaculaire qu’il déploie a su fasciner, au gré des siècles, et Emma Cayley, enseignant à l’université d’Exeter, le décrit comme « un fondement irremplaçable de la littérature anglaise ». 

 

C’est que, ce 21 juin, onze articles et collections d’œuvres ont rejoint le Registre de la mémoire du monde. On pourra en retrouver la liste complète ici

 

Peter Thomas, bibliothécaire à la cathédrale : « Il y a beaucoup de trésors dans les archives et la bibliothèque [...], mais le livre d’Exeter est l’ouvrage le plus riche, le mieux conservé et probablement le plus ancien d’entre tous. » Quant au programme Mémoire du monde, il a été initié en 1992, avec la perspective de recenser tous les documents qui participent à l’édification de l’humanité.

 

« Cette reconnaissance met désormais le livre d’Exeter dans la même catégorie que la Magna Carta, la Tapisserie de Bayeux, le livre de Kells et le journal d’Anne Frank en termes d’importance. Il est tellement fondamental, que cet ouvrage est resté ici, à Exeter, où il a été installé durant un millier d’années », relève Emma Cayley.