Le livre de Kells, un évangéliaire exceptionnel, à découvrir en ligne

Nicolas Gary - 09.03.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Livre Kells - évangéliaire Irlande trésor - numérisation manuscrit Kells


Daté du début du IXe siècle, le Livre de Kells, ou Grand Évangéliaire de Saint Colomba, atteste d’un savoir-faire d’exception. Dans l’art médiéval, cet ouvrage réunit les quatre évangiles, avec une richesse d’ornementations et d’enluminures rarement atteinte. Hébergé par le Trinity College de l’université de Dublin, il est désormais consultable en ligne.


 

On n’évoque ce manuscrit qu’avec respect en Irlande, considérant qu’il compte parmi les plus importants trésors culturels du pays. À travers ses 680 pages, il déplace près d’un million de visiteurs chaque année à Dublin, curieux et passionnés venus découvrir ses illustrations.
 

Il était une fois, dans un monastère...


Son histoire commence sur dans un monastère situé sur l’île d’Iona (côté ouest de l’Écosse), en 806 : pour échapper aux invasions vikings, il sera transporté à Kells (comté de Meath, en Irlande), et conservera alors le nom de cet autre monastère.  

Il témoigne du style insulaire, ou art hiberno-saxon, typique des réalisations post-romaines, dans l’histoire de l’Irlande et de la Grande-Bretagne. Les manuscrits qui résultent de cette tradition commencèrent à être produits vers 500 apr. J.-C., jusqu’en 900. 

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Le livre de Kells avait avant tout été composé pour être vu : une fois encore, le travail d’enluminure avait une vocation pédagogique, et le soin accordé aux représentations est stupéfiant. C’est aussi pour cette raison que les textes des évangiles sont copiés avec une certaine désinvolture : des mots manquent, des passages sont répétés. Les images étaient primordiales pour ceux qui ont participé à sa création. 
 

Échapper à la guerre civile et à Cromwell


L’ouvrage avait été quelque peu oublié entre son arrivée au monastère de Kells et 1654 : c’est à cette époque qu’il sera déplacé à Dublin. La guerre civile anglaise fait rage, Oliver Cromwell tétanise les gardiens du livre, qui préfèrent le mettre à l’abri. Le Trinity College le reçut en 1661, et dès lors, il ne quitta plus jamais les lieux. 

 
 
En 1990, une première entreprise de numérisation est montée, précise la bibliothèque de l’établissement. Mais dernièrement, et grâce à des procédés plus modernes, par lesquels ont abouti à des images en haute résolution, une nouvelle numérisation a vu le jour. De quoi permettre une observation encore jamais atteinte pour les visiteurs. 
 
Ses pages, en peau de vache, et l’ensemble des matériaux et techniques qui ont abouti à sa réalisation, attestent d’une volonté de regroupement des textes sous la forme du codex. Et si, au fil des siècles, certains éléments ont été perdus, il n’en demeure pas moins l’un des plus splendides exemplaires du genre. 

On peut le découvrir à cette adresse, en intégralité. Le Trinity College envisage d'ailleurs le développement d'une application entièrement dédiée au manuscrit, qui permettrait d'enrichir la lecture par des analyses et commentaires.


via Open Culture


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