Le livre de Psaumes vendu pour 14 millions de dollars chez Sotheby

Nicolas Gary - 27.11.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - livre de psaumes - vente aux enchères - New York


L'un des 11 exemplaires encore en circulation du premier ouvrage jamais imprimé aux États-Unis vient de passer dans les records d'enchères pour un livre. Le Bay Psalm Book a été adjugé pour 14,2 millions $ le 26 novembre lors d'une vente qui se déroulait chez Sotheby, à New York. Un petit succès assez attendu. 

 

 

 

 

Le projet de John Cotton, Richard Mather et John Eliot, récents immigrés, était de réaliser un ouvrage qui soit plus respectueux encore que la Bible du roi James, vis-à-vis du texte hébreu originel. Pour sa réalisation, un migrant britannique aurait levé des fonds en Hollande et en Angleterre. Un serrurier fut engagé, pour traverser, avec son fils, l'Atlantique, et aller chercher le matériel destiné à l'impression. Le colon britannique ne survécut pas au voyage, mais son projet put bel et bien voir le jour. 

 

Réalisé en 1640 à 1700 exemplaires, le livre était estimé entre 15 et 30 millions $, mais si l'estimation minimale n'a pas été dépassée, l'ouvrage est remporté pour un montant supérieur au livre de John James Audubon, Birds of America, vendu en décembre 2010 pour 11,5 millions $. 

 

Dave Rubenstein, homme d'affaires et philanthrope, cofondateur et codirecteur général de la firme Carlyle Group LP a acquis ce livre historique. Pour le président du département des livres chez Sotheby, David Redden : « Nous sommes ravis que ce livre, qui est si important dans notre histoire et notre culture, est destiné à être largement découvert par les Américains, qui savent apprécier sa signification si particulière. »

 

Quant au record atteint, c'est une fierté pour la maison d'enchères, qui conforte sa position sur le segment de la vente de livres. Un succès « qui affirme combien les livres restent un élément essentiel de notre culture », poursuit-il. « David Rubenstein nous avait déjà acheté la Magna Carta en 2007 pour la même raison : que les Américains comprennent la signification de leur héritage », ajoute le commissaire priseur. La vente avait passé les 21,3 millions $ à l'époque. 

 

Précédemment détenu par les dirigeants de l'église Old South Church de Boston, ces derniers avaient décidé de s'en séparer pour assurer la continuité de leur mission et de rénover leur lieu de culte, véritable monument historique national. La communauté dispose aujourd'hui encore d'un second exemplaire, mais ne compte pour le moment pas s'en séparer. 

 

Pour l'heure, le livre le plus cher au monde reste le Codex Leicester, rassemblant des écrits de Leonard de Vinci entre 1508 et 1511. Il avait été acheté hors enchères, par le milliardaire Bill Gates, au musée de Los Angeles, pour 30,8 millions $.

 

via Guardian et AFP